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Thèse

Thèse en cours Gull ZAREEN

Du 1 octobre 2020 au 30 septembre 2024

Expériences métacognitives spontanées dans le développement et vieillissement

Résumé du projet de thèse: Ce programme de recherche doctorale chevauchera les sciences sociales avec les neurosciences. En bref, la candidate étudiera les expériences métacognitives, visant à comprendre les schémas de développement et le déclin de la métacognition avec l'âge. Nous utiliserons des méthodes de psychologie expérimentale, y compris des tests en face à face et sur l’internet, et viserons à utiliser des méthodes neuropsychologiques et neurophysiologiques (electroencephalogramme) dans la dernière partie de la thèse.
La métacognition est définie comme les processus de niveau supérieur qui nous permettent de contrôler et de surveiller notre fonction cognitive. Récemment, la recherche sur la métacognition a ouvert de nouvelles compréhensions de la conscience: en se concentrant sur la façon dont nous sommes conscients de notre mémoire, ou perception. A Grenoble, et au LPNC, il y a une concentration de chercheurs travaillant dans ce domaine, notamment appliqué à la mémoire. Dans une expérience typique, nous demandons à nos participants de rapporter leur évaluation consciente de leur propre performance et après nous utilisons ces évaluations comme données. Un exemple simple est de demander aux gens de prendre une décision, puis de leur demander dans quelle mesure ils sont
confiants dans leur réponse (sur une échelle de pourcentage). Ces mesures de certitude ont révélé un réseau dans le cortex préfrontal qui est responsable de la métacognition: une partie du cerveau qui surveille les processus en jeu. En générale, les êtres humaines sont capables de connaître leurs propres
capacités: ils ont de meilleures performances pour les décisions pour lesquelles ils sont plus confiants.Mais cette précision métacognitive diminue avec l'âge (pour certaines tâches mais pas toutes) et se développe relativement tard.
La métacognition n'est pas seulement ce genre de jugements ou d'évaluations conscientes. Ce sont aussi des sentiments spontanés, comme avoir “un mot sur le bout de la langue”, ou le phénomène du déjà-vu. Cette thèse se concentrera sur la mesure et l'analyse de ces expériences, que nous qualifions de spontanées. Comment ces expériences changent-elles avec l'âge? Quand apparaissent-ils dans le développement de l'enfant? Impliquent-elles les mêmes processus que les mesures métacognitives existantes, et pouvons-nous les intégrer dans la théorie existante? Notre hypothèse est que lorsqu'il ya un problème ou une erreur dans le système cognitif humain, ces expériences sont générées pour signaler à la conscience qu'il y a un problème (un échec de récupération dans le mot sur le bout de la langue; ou une suractivation de la familiarité en déjà vu). Ce sont des sensations métacognitives automatiques et «obligatoires».Le phénomène du mot sur le bout de la langue a été fréquemment étudié en laboratoire, mais pluscomme un échec linguistique que comme une expérience métacognitive. La thèse commencera par ce phénomène, car il s'est avéré relativement facile à produire en laboratoire en posant des questions de connaissances générales relativement difficiles, par exemple. L'idée est de produire un panorama de ces expériences en utilisant une approche de psychologie expérimentale à méthodes mixtes, qui s'inscrit dans la continuité directe du projet de Chris Moulin soutenu par l'Insitut Universitaire de France «Mémoire et Subjectivité». Le candidat acquerra des compétences à jour et nous en apprendrons également beaucoup sur ces expériences métacognitives spontanées inhabituelles et peu fréquentes qui
arrivent automatiquement dans notre esprit, mais qui nous disent quelque chose sur l'état actuel du système cognitif.

Encadrants :
- Directeur de thèse : Christopher MOULIN - christopher.moulinatuniv-grenoble-alpes.fr (christopher[dot]moulin[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Codirecteur : Céline SOUCHAY - celine.souchayatuniv-grenoble-alpes.fr (celine[dot]souchay[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)

Mots-clés de la thèse : développement, métacognitives, spontanées

CNU de thèse : 16 - Psychologie et Ergonomie

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Financement

UGA - Campus France

Thèse en cours Lucie VAN BOGAERT

Du 1 octobre 2020 au 31 mars 2024

Soutien et accompagnement des compétences communicatives orales chez les enfants porteurs de déficience auditive

Résumé du projet de thèse: Le but de ce projet de thèse est d’examiner l’impact de différentes méthodes d’intervention sur le développement des capacités de communication orale chez l’enfant francophone avec déficience auditive. Bien que les technologies de remédiation auditive offertes en cas de surdité congénitale permettent de restaurer en grandes partie les fonctions auditives, l’information auditive transmise reste incomplète ce qui peut entrainer des troubles langagiers développementaux. Les compétences langagières sont susceptibles de dépendre de nombreux facteurs tels que le profil audiologique (âge d’appareillage ou d’implantation, type d’aide auditive, durée d’utilisation de l’aide auditive, etc.), l’expérience communicative (communication orale, langue des signes française, langue française parlée complétée, LfPC) et les méthodes d’intervention (orthophonie, code LfPC, etc.). Des descriptions quantitatives à large échelle des compétences orales des enfants avec déficience auditive sont nécessaires pour permettre de démêler ces différents facteurs et d’améliorer les stratégies d’intervention et de remédiation orthophonique. Le but de ce projet de thèse est de mieux décrire les capacités de production et de perception de la parole d’enfants avec déficience auditive prélinguale, présentant des profils audiologiques et linguistiques variés, et bénéficiant de méthodes d’intervention diverses. Des bilans exhaustifs seront réalisés pour l’ensemble des enfants, en intégrant des mesures acoustiques fines des productions orales, des mesures d’intelligibilité et des tests de perception de la parole. L’impact des différentes méthodes d’intervention sur ces mesures sera analysé. A terme ces données permettront de fournir des recommandations fondées sur des données probantes pour la remédiation de la parole, et le soutien scolaire des enfants avec déficience auditive.
La thèse se déroulera aux laboratoires LPNC (Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition, UMR 5105) et GIPSA-lab (Département Parole et Cognition, UMR 5216). Elle est financée par le réseau européen ITN Comm4CHILD, qui vise à optimiser la communication et l’inclusion sociale d’enfants présentant des troubles auditifs, en formant 15 doctorant·e·s en Belgique, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Suède et au Danemark. Conformément aux exigences de l’Union Europénne, Lucie Van Bogaert a été pré-sélectionnée sur dossier et a été recrutée après avoir été auditionnée par un comité de sélection international. Dans le cadre de ce projet européen, la thèse de Lucie Van Bogaert inclura un séjour in-doc de 6 mois à l'Université de Leeds et aux Bradford Teaching Hospitals (UK). Ceci lui permettra d'élargir ses perspectives sur les méthodes et dispositifs d'intervention dans diverses situations d'éducation et dans différents pays et de bénéficier d'une expérience plus concrète d'échanges avec les personnes porteuses de déficience auditive et leur entourage.
 

Encadrants :
- Directeur de thèse : Hélène LOEVENBRUCK - helene.loevenbruckatuniv-grenoble-alpes.fr (helene[dot]loevenbruck[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Co-encadrant : Anne VILAIN - anne.vilainatgipsa-lab.grenoble-inp.fr (anne[dot]vilain[at]gipsa-lab[dot]grenoble-inp[dot]fr)

Mots-clés de la thèse : communication orale, déficience auditive, enfants, descriptions quantitatives et qualitatives ,production et perception, langage

CNU de thèse : 7 - Sciences du langage

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Financement

Actions Marie Sklodowska-Curie : MSCA-ITN

Dans le cadre du projet Comm4CHILD

Thèse en cours François STOCKART

Du 1 septembre 2021 au 31 août 2024

Étude électrophysiologique et computationnelle du rôle de l’accumulation d’évidence dans la conscience perceptuelle.

Résumé du projet de thèse: Quel mécanisme détermine l’accès à la conscience perceptuelle? Dans cette thèse, je propose de tester les hypothèses suivantes: (1) la conscience perceptuelle est déterminée par l’accumulation de preuves et (2) ce processus d’accumulation, lorsqu'il atteint un seuil, donne lieu à la signature de la conscience postulée par “l'espace de travail global”, une théorie de la conscience. Des données comportementales et d’électroencéphalographie seront comparées aux prédictions faites par un modèle computationnel afin de tester la validité de la première hypothèse. De plus, des données électrophysiologiques intracrâniennes seront collectées chez l’humain afin de déterminer quelles régions précises sont impliquées dans ce processus d’accumulation et de tester le bien-fondé de la seconde hypothèse.


Encadrants :
- Directeur de thèse : Nathan FAIVRE - 0652937884 - nathan.faivreatuniv-grenoble-alpes.fr (nathan[dot]faivre[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Co-encadrant : Michael PEREIRA - +41 79 409 9746 - Michael.pereiraatuniv-grenoble-alpes.fr (Michael[dot]pereira[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr) -


Mots-clés de la thèse : Metacognition, Conscience, sEEG

CNU de thèse : 69 - Neurosciences

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Financement

ENS Paris - Financement MESRI

Thèse en cours Hayat SABRI

Du 1 janvier 2018 au 31 décembre 2025

Évaluation psychométrique des enfants au Maroc : de l'étude des biais lors de l'usage du WISC W à l'élaboration d'un outil adapté

Résumé du projet de thèse: Actuellement, au Maroc, l’absence de l’échelle d'intelligence de Wechsler (« Wechsler Intelligence Scale for Children-Cinquième édition », WISC V) adaptée à la culture des enfants marocains, contraint les neuropsychologues à utiliser les normes françaises lors de leur administration du WISC V aux enfants évalués. Les résultats de leur administration révèlent toujours des biais dus à l’échelle, puisque l’on observe des différences moyennes de grande amplitude entre la performance des enfants marocains et la performance des enfants français. Il est probable que ces différences de performances ne manifestent pas des différences réelles.
Lorsque les distributions des scores entre deux populations de culture différente manifestent un écart important, la question qui s’impose au clinicien est celle de la neutralité socio-culturelle de la tâche et de la présence de biais dans l’évaluation. Cette dernière, n’est ni socialement, ni culturellement neutre. Les tests psychométriques sont issus d’une tradition de recherche qui répond aux attentes socio-culturelles spécifiques aux normes sociétales de son pays d’origine. En effet, les cultures définissent les capacités cognitives de manière différente selon leurs propres exigences politiques, écologiques et sociales. En fonction de l’appartenance à une culture donnée, certaines composantes de la cognition peuvent être plus privilégiées. Ainsi, leurs apprentissages seront plus consolidés. Par conséquent, la comparaison de performances cognitives de populations différentes au moyen de tests psychométrique conforte la nécessité d’avoir, lors de l’utilisation du test, des échantillons normatifs adaptés à la culture des personnes testées.
Ainsi, notre projet a l’ambition d’étudier les facteurs socio-culturels explicatifs des écarts de performances entre les enfants marocains et les enfants français, dans le cadre des tests d’intelligence. Plus particulièrement nous nous intéresserons à l’utilisation du WISC V qui est le test d’intelligence le plus utilisé en psychologie. L’objectif final est de développer un outil d’évaluation de l’intelligence, valide, adapté à la culture des enfants marocains et utile pour leurs neuropsychologues.

Encadrants : 
- Directeur de thèse : Marie-Line BOSSE- Marie-line.Bosseatuniv-grenoble-alpes.fr (Marie-line[dot]Bosse[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Co-encadrant : Jean-Luc ROULIN - jean-luc.roulinatuniv-savoie.fr (jean-luc[dot]roulin[at]univ-savoie[dot]fr)

Mots-clés  : WISC V, Intelligence, Psychométrie, Biais de mesure, Différences  interculturelles, Facteurs socio-culturels

CNU de thèse : 69 - Neurosciences

 

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Financement

Profession libérale

Thèse en cours Stéphanie CHOUTEAU ROUSSET

Du 1 octobre 2020 au 30 août 2024

Modélisation expérimentale cognitive et computationnelle de l'addition numérique ordinaire.

Résumé du projet de thèse: La maîtrise des activités numériques simples est cruciale dans notre société puisqu’elle sous-tend la compréhension de raisonnements arithmétiques de plus haut niveau. Échouer à se représenter le problème « 5+3 » et à en calculer rapidement le résultat provoque de nombreuses difficultés à rendre la monnaie, lire l’heure, manipuler des dates, etc. Pourtant, les mécanismes cognitifs qui nous permettent d’additionner très rapidement deux nombres sont encore mal connus, ce qui rend difficile la conception de programmes de remédiation. Faut-il agir sur la mémoire ? Faut-il agir sur les opérations de comptage ? Faut-il agir sur la ligne numérique mentale qui représente la succession des chiffres ?
L’addition mentale de deux petits nombres est en effet une tâche que nous effectuons si rapidement qu’il est difficile de décrire comment elle est réalisée au niveau cognitif. Deux modèles théoriques s’opposent aujourd’hui. Le modèle classique (Logan, 1988; Siegler & Shrager, 1984) considère que l’on récupère directement la réponse en mémoire. Au cours des apprentissages, les enfants réalisent d’abord une procédure de comptage explicite (6..7..8) qui produit une trace mnésique associant les opérandes et le résultat. Après de nombreuses additions avec les mêmes opérandes, la trace mnésique se renforce au point que le résultat puisse être directement récupéré en mémoire (apprentissage « par cœur ») plutôt que calculé. Un nouveau modèle plus récent (Uittenhove, Thevenot, & Barrouillet, 2016) considère que l’apprentissage conduit à automatiser la procédure de comptage. Même après une grande expérience avec les mêmes opérandes, le résultat n’est pas directement récupéré mais plutôt calculé par un processus très rapide qui suit la ligne numérique mentale (1.2.3.4.5.6…). Le résultat de l’apprentissage n’est donc pas un passage du comptage à la récupération en mémoire, mais plutôt une amélioration du comptage qui devient plus rapide, et même automatique, avec l’expérience.
L’objectif principal de cette thèse est d'aborder la problématique théorique de l’addition mentale en associant la démarche expérimentale et la modélisation computationnelle. Le modèle théorique récent AutoCoP (Automated Counting Procedures, Uittenhove et al., 2016) stipulant que le comptage n’est pas récupéré en mémoire mais calculé, sera le point de départ du projet. Les trois axes du projet sont les suivants :
1. étendre le modèle théorique pour inclure le rôle de la mémoire de travail. Ce travail de modélisation sera facilité par son implémentation informatique qui pourra s’appuyer sur des modèles computationnels modernes de la mémoire de travail (Lemaire & Portrat, 2018).
2. étudier le rôle de la ligne numérique mentale au cœur du modèle dont on sait qu’elle est représentée spatialement, de gauche à droite. On pourra notamment solidifier le modèle théorique initial, à la fois en montrant un effet néfaste d’une ligne mentale inversée et en exprimant dans un cadre computationnel le lien entre comptage et représentation spatiale.
3. tester le modèle sur une population dyscalculique. Là encore, des données expérimentales seront recueillies et le modèle computationnel pourra ensuite être altéré pour simuler des comportements dyscalculiques et aider à isoler les causes possibles du déficit.

Encadrants :
- Directeur de thèse : Benoit LEMAIRE - 0476825631 - benoit.lemaireatuniv-grenoble-alpes.fr (benoit[dot]lemaire[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr) -
- Co-encadrant : Karine MAZENS - 0476825673 - karine.mazensatuniv-grenoble-alpes.fr (karine[dot]mazens[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)


Mots-clés de la thèse : modélisation computationnelle,cognition numérique,calcul mental


CNU de thèse : 16 - Psychologie et Ergonomie

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UGA - IDEX IRS

Thèse en cours Pauline ROSSEL

Du 1 octobre 2020 au 30 septembre 2023

Etude de l’influence des processus prédictifs sur la perception visuelle

Résumé du projet de thèse: La plupart des modèles actuels de la perception visuelle s’accordent sur l’idée que la vision est un processus éminemment proactif. En ce sens, percevoir consisterait à faire correspondre en permanence les caractéristiques d’un stimulus visuel (e.g., deux points lumineux sur une route brumeuse) à des attentes ou prédictions sur celui-ci, élaborées sur la base des expériences antérieures et des régularités apprises dans l’environnement (e.g., forte probabilité qu’il s’agisse des phares d’une voiture en approche). Cette dimension proactive de la perception visuelle permettrait ainsi de faciliter le traitement de stimuli fréquemment rencontrés. En effet, plusieurs travaux ont montré qu’un stimulus prédit ou attendu (e.g., un footballeur sur un terrain de foot) était catégorisé plus rapidement qu’un stimulus non attendu ou non conforme aux prédictions (e.g., un footballeur dans une cuisine). De plus, ces mécanismes proactifs seraient particulièrement utiles pour permettre la reconnaissance dans le cas fréquent où un stimulus visuel est bruité ou ambigu et où une analyse basée uniquement sur ce stimulus serait coûteuse voire inefficace (e.g., dans l’exemple proposé plus haut, l’analyse des points lumineux dans la brume ne permettrait pas de reconnaître le stimulus comme une voiture sans recours à des connaissances a priori). Au niveau neurobiologique, ce « traitement prédictif » se traduirait à différents niveaux de la hiérarchie du traitement cérébral par un échange permanent entre des signaux de prédiction (i.e., les caractéristiques prédites du stimulus visuel) et d’erreur de prédiction (i.e., véhiculant les caractéristiques non-prédites du stimulus permettant d’actualiser les prédictions), dont le poids relatif varierait en fonction des contraintes visuelles (e.g., plus de poids accordé aux signaux de prédiction lorsque le stimulus est bruité vs. plus de poids accordé aux signaux d’erreur de prédiction lorsque celui-ci est non ambigu et non conforme aux prédictions). Cependant, la façon dont les connaissances a priori modulent le traitement de l’information et influencent la perception visuelle reste débattue. Certains auteurs proposent, par exemple, que les signaux de prédiction permettent de faciliter le traitement des caractéristiques visuelles qui coïncident avec ces prédictions en affinant la réponse des neurones répondant à ces caractéristiques, et ces caractéristiques seraient alors perçues plus nettement. D’autres auteurs proposent à l’inverse qu’un stimulus non conforme aux prédictions entraîne un signal d’erreur de prédiction, et donc une activité plus important(e) au sein de populations de neurones répondant aux caractéristiques non prédites, qui seraient alors amplifiées perceptivement. Il est par ailleurs possible que ces deux mécanismes coexistent. Plusieurs résultats expérimentaux vont dans le sens de ces deux hypothèses, mais celles-ci n’ont pour l’instant jamais été testées systématiquement.
L’objectif de cette thèse est donc de préciser les mécanismes par lesquels les connaissances a priori, ou prédictions, influencent la perception visuelle. Nous utiliserons des tâches de jugement perceptif portant sur différentes caractéristiques de stimuli visuels (e.g., netteté, contraste, luminance…) afin d’évaluer comment ces jugements peuvent être influencés par la disponibilité et/ou la validité des connaissances a priori. Nous mènerons tout d’abord des études comportementales auprès de sujets sains comprenant des mesures oculométriques afin d’examiner l’influence des processus prédictifs sur l’attention portée dans le champ visuel (e.g., est-ce qu’un stimulus non prédit attire plus l’attention visuelle qu’un stimulus attendu?). Nous mènerons ensuite des études en électroencéphalographie (EEG) afin de préciser le décours temporel de ces mécanismes au niveau cérébral.

Encadrantes :
- Directeur de thèse : Carole PEYRIN -  carole.peyrinatuniv-grenoble-alpes.fr (carole[dot]peyrin[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Co-encadrant : Louise KAUFFMANN - louise.kauffmannatgmail.com (louise[dot]kauffmann[at]gmail[dot]com)

Mots-clés : électroencéphalographie,codage prédictif,perception visuelle

CNU de thèse : 16 - Psychologie et Ergonomie

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MESRI - ED

MSHEIK Ramla

Thèse Conscience, Mémoire et MétaCognition (CoMMet) Du 1 octobre 2021 au 30 septembre 2024

Etude computationnelle des déficits métacognitifs dans la schizophrénie

Résumé du projet de thèse: La métacognition est la capacité introspective d'évaluer ses propres états mentaux, et de former des jugements de confiance sur ce que l’on sait ou ce que l’on perçoit. Les troubles métacognitifs sont décrits dans de nombreuses maladies psychiatriques dont la schizophrénie, et ont un rôle supposé dans l’émergence des idées délirantes, du repli social et du handicap psychique. Ces troubles métacognitifs ont été décrits dans la littérature clinique principalement via des tests subjectifs et des questionnaires neuropsychologiques, ou des mesures expérimentales ne prenant pas en compte les autres déficits cognitifs des patients comme les troubles mnésiques ou exécutifs. Ainsi, il n’est pas clair si les déficits observés au niveau métacognitif sont spécifiques, ou simplement hérités d’autres déficits cognitifs sous-jacent. Récemment, nous avons évalué les performances métacognitives en demandant à des personnes souffrant de schizophrénie ou de trouble schizoaffectif et à des volontaires sains d'effectuer une tâche de discrimination visuelle et de faire ensuite état de leur confiance en leurs performances (Faivre et al., 2020). La performance métacognitive a été définie comme l'adéquation entre la performance de discrimination visuelle et la confiance. Des analyses bayésiennes ont révélé des performances métacognitives équivalentes dans les deux groupes malgré une association plus faible entre la confiance et la cinétique de la trajectoire effectuée avec la souris lors de l’exécution de la tâche chez les patients. Ces résultats ont été reproduits à l'aide d'un modèle d'accumulation d’évidence qui a montré des processus décisionnels similaires dans les deux groupes. Nous avons conclu de cette étude que les déficits métacognitifs relatifs à la perception sensorielle (métaperceptifs) dans la schizophrénie restent à démontrer expérimentalement.
Au cours de cette thèse, nous souhaitons explorer de manière plus systématique les déficits métacognitifs en rapport avec divers domaines cognitifs et perceptifs via des mesures comportementales et d’électroencéphalographie. Nous évaluerons la métacognition pour des tâches de perception auditive (Dondé et al., 2017), pour des processus mnésiques de familiarité et de recollection, ainsi que pour des tâches de cognition sociale (paradigme dit de poursuite, Roux et al., 2015). Notre but est de cartographier les déficits métacognitifs dans la schizophrénie, et déterminer ainsi si la métacognition obéits à des mécanismes domaines généraux ou domaines spécifiques (Mazancieux et al., 2020). Nous faisons l’hypothèse d’une moins bonne performance métacognitive à travers les tâches, avec une moindre association avec des variables comportementales prédictives de haute performance, comme les temps de réaction et les trajectoires des réponses. Ce travail visera donc à tester l’hypothèse que le déficit métacognitif dans la schizophrénie serait la conséquence d’une moindre utilisation d’indices comportementaux précédant la décision métacognitive.

Encadrants :
Directeur de thèse : Nathan FAIVRE - nathan.faivreatuniv-grenoble-alpes.fr (nathan[dot]faivre[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
Co-encadrant : Michael PEREIRA - Michael.pereiraatuniv-grenoble-alpes.fr (Michael[dot]pereira[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)

Mots-clés  : schizophrénie, métacognition, hallucination

CNU de thèse : 16 - Psychologie et Ergonomie

 

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Thèse en cours Lucile MEUNIER

Du 1 octobre 2022 au 30 septembre 2025

La métamémoire dans le vieillissement sain

Résumé du projet de thèse: Une question cruciale dans notre société vieillissante est de savoir comment mieux comprendre et atténuer les changements cognitifs. Le sujet central de cette recherche proposée est la métamémoire: la capacité de réfléchir et de surveiller notre mémoire. Comprendre la métamémoire nous aiderait à comprendre le concept de «réserve cognitive»: facteurs de protection dans le maintien de la cognition. Nous devons d’abord savoir quelles formes de métamémoire sont altérées par le vieillissement. Nous découvrirons le statut de précision métacognitive dans plusieurs tâches à l'aide de la modélisation bayésienne hiérarchique. Nous examinerons le vieillissement et la relation entre la métamémoire et le bien-être, la qualité de vie et la réserve cognitive. Nous établirons ‘Seniors for Science’ en collaboration avec le MSH, ce qui permettra aux citoyens français âgés de contribuer aux programmes de recherche et d’apprendre sur la mémoire. Nous allons mener une science ouverte et reproductible.

Encadrants :
- Directeur de thèse : Christopher MOULIN - christopher.moulinatuniv-grenoble-alpes.fr (christopher[dot]moulin[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Codirecteur : Céline SOUCHAY - celine.souchayatuniv-grenoble-alpes.fr (celine[dot]souchay[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)

Mots-clés : FOK, Métacognition, Mémoire

CNU de thèse : 16 - Psychologie et Ergonomie

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Projet AGEFOK - ANR-21-CE28-0002

Thèse en cours Marion MAINSANT

Du 1 mars 2020 au 31 décembre 2023

Apprentissage continu pour des bases de données multimodales

Résumé du projet de thèse: The human brain continuously receives new information from external stimuli. Information received from each senses is collected, analyzed and combined with those of other senses (vision, hearing, touch etc…) in order to be interpreted. Each new information does not overwrite with previously learnt ones but comes to extend the brain knowledge.
Artificial intelligence deep learning algorithms aims to simulate this type of learning. Nevertheless, for now, computers can have many sensors that receive external information but they do not necessarily communicate with each other to share and “understand” the global information. Furthermore, when deep learning algorithm learns new knowledge, it overlaps them with old ones and most of the time, old knowledge are forgotten. We name this type of forgetfulness, catastrophic forgetting. Behind these observations, we find one of the major challenge of tomorrow’ deep learning systems: How intelligent system could adapt in a changing environment? Could robot be adaptable to everyone?
To answer those questions, researchers introduced the notion of incremental learning, personalization and multimodality that are three growing research fields in a global field of deep learning called life-long learning.
An incremental learning algorithm is currently developed in our research laboratory. Results obtained with it are already encouraging for datasets like MNIST, CIFAR10 and CIFAR100 (Solinas et al.). This type of algorithm enables to overcome catastrophic forgetting of previously learnt classes. Some researchers proposed to use the advantage of incremental learning for the learning of new instances of known classes (Lomonaco and Maltoni). This type of use of incremental learning could give the possibility to personalize its algorithm to new unknown instances. In parallel, an interesting paper explored the learning of two modalities in a spiking neural network: audio and image for MNIST dataset (Rathi and Roy 2019) and shows that multimodality as the advantage to improve accuracy and to be more robust to noisy data.
We would like to position our thesis project in the heart of these researches and propose a framework that answers the burning deep learning issue of an incremental multimodal learning which can be also adapted to personalization question.

Encadrants
- Directeur de thèse : Martial MERMILLOD - martial.mermillodatuniv-grenoble-alpes.fr (martial[dot]mermillod[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Co-encadrant : Marina REYBOZ -  marina.reybozatcea.fr (marina[dot]reyboz[at]cea[dot]fr) -
- Co-encadrant : Christelle GODIN -  christelle.godinatcea.fr (christelle[dot]godin[at]cea[dot]fr)


Mots-clés : Multimodalité, Mémoire, Apprentissage Continu, Apprentissage Incremental, Emotion, Personnalisation

CNU de thèse : 69 - Neurosciences

 

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Carnot Exploratoire CEA - Dotation des EPIC et EPA

Thèse en cours Milèna LEGER

Du 1 octobre 2022 au 30 septembre 2025

Le rôle de la métacognition dans les comportements alimentaires

Résumé du projet de thèse: Les modes de vie 'non sains' sont des facteurs majeurs contribuant aux maladies chroniques qui imposent une charge financière énorme aux systèmes de santé de l'UE. Une mauvaise alimentation est un facteur de risque important de cancers, de troubles cardiovasculaires, thoraciques et métaboliques et constitue une cause majeure de morbidité et de mortalité prématurée. Malheureusement, la communication sur la santé publique n'a pas réussi à inciter les consommateurs à changer leurs habitudes. Cela pourrait s'expliquer par le fait qu'il y a un manque de sensibilisation aux caractéristiques contextuelles qui influencent le comportement alimentaire et même lorsqu'il y a une motivation pour changer, les gens ont des difficultés à traduire les bonnes intentions en comportements sains. Dans ce projet, nous nous concentrerons sur l''épidémie' d'obésité.
Nous proposons que les avancées dans le domaine de la métacognition peuvent contribuer à des changements complexes dans les comportements alimentaires. La métacognition a été définie comme 'la pensée sur la pensée' et, de manière générale, elle fait référence à un système de conscience qui régule nos comportements en fonction de l'état actuel de l'organisme et des objectifs visés. Elle a été étudiée à l'aide de diverses méthodes allant des sciences sociales aux neurosciences, et elle est utile à la fois pour aborder des questions appliquées et pour explorer la conscience. En ce qui concerne les comportements alimentaires, une approche métacognitive révélera scientifiquement pour la première fois si les gens sont consciemment capables d'accéder à la nature et à la quantité de ce qu'ils mangent. En bref, nous nous demandons d'abord si une défaillance métacognitive peut être à l'origine d'une suralimentation (ou d'une mauvaise alimentation). Dans un deuxième temps, nous explorerons ce que l'approche métacognitive pourrait apporter à une alimentation plus saine. Notre hypothèse unique est que les décisions complexes sur quoi, quand et combien manger peuvent être mieux comprises en adoptant un point de vue métacognitif, ce qui n'a pas encore été envisagé en nutrition humaine.
Dans le cadre d'une nouvelle collaboration sur le site de l'UGA de Grenoble s'appuyant sur les ressources de la SFR Nutrition, nous mobilisons un doctorant pour explorer la métacognition et les comportements alimentaires dans le cadre de 3 expériences préenregistrées et d'une étude écologique de journal en ligne. Ce projet sera le point de départ de projets multi-sites et multidisciplinaires à plus grande échelle. Dans la thèse de doctorat supervisée, nous nous appuierons sur des approches multi-méthodes pour mesurer les comportements alimentaires et la conscience de ceux-ci, d'un point de vue psychologique, neuroscientifique et - grâce à l'apport de l'UFR nutrition - des systèmes biologiques.
En résumé, si les gens sont détachés ou inconscients de ce qu'ils mangent, cela conduira à une alimentation dysfonctionnelle. Cela expliquerait également pourquoi les mesures d'auto-évaluation de l'alimentation sont si pauvres pour prédire les changements de comportement et les comportements réels : les gens ne sont tout simplement pas conscients de leurs choix alimentaires et de leurs comportements. La mise en œuvre d'une approche métacognitive permet d'étudier - et peut-être d'éliminer - ce que l'on appelle le 'manger sans réfléchir'.

Encadrants :
- Directeur de thèse : Christopher MOULIN - christopher.moulinatuniv-grenoble-alpes.fr (christopher[dot]moulin[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
- Co-encadrant : Eve DUPIERRIX - eve.dupierrixatuniv-grenoble-alpes.fr (eve[dot]dupierrix[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr) -
- Co-encadrant : Christophe MOINARD - christophe.moinardatuniv-grenoble-alpes.fr (christophe[dot]moinard[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)

Mots-clés de la thèse : métacognition,comportement alimentaire,obésité


CNU de thèse : 16 - Psychologie et Ergonomie
 
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UGA - IDEX IRS EATMETA

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