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Soutenance de thèse Ramla MSHEIK

Soutenance

On 21 May 2026

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

"L’accumulation d’évidence avec fuite comme mécanisme sous-jacent aux dimensions subjectives de la conscience perceptive"
"Leaky evidence accumulation as an underlying mechanism for the subjective dimensions of perceptual consciousness"

« L’accumulation d’évidence avec fuite comme mécanisme sous-jacent aux dimensions subjectives de la conscience perceptive », réalisée au LPNC sous la direction de Nathan Faivre (LPNC) et Michael Pereira (GIN).
 
La conscience perceptive désigne l’expérience subjective associée au traitement des stimuli externes. Elle se déploie dans le temps, donnant lieu à un sentiment subjectif de durée et s’accompagnant d’un degré de confiance dans nos jugements. Malgré des avancées majeures en neuroimagerie et en électrophysiologie, les mécanismes neuronaux sous-jacents à la conscience perceptive demeurent mal compris. Les recherches antérieures se sont concentrées sur l’identification des corrélats neuronaux de la conscience, c’est-à-dire l’activité neuronale minimale associée à la perception consciente. Toutefois, cette approche n’explique pas comment la conscience perceptive évolue au fil du temps. Dans cette thèse, j’adopte une approche de modélisation computationnelle visant à tester si la conscience perceptive, la durée perçue et la confiance émergent de l’accumulation d’évidence sensorielle au fil du temps, avec un facteur d’oubli/fuite (Leaky Evidence Accumulation Process, LEAP). Dans une étude préenregistrée, j’ai testé LEAP à partir de données comportementales collectées lors d’une tâche de détection de visages sous incertitude temporelle. Les participants détectaient les stimuli en appuyant sur une touche puis soit reproduisaient la durée perçue, soit évaluaient leur confiance. J’ai ajusté LEAP aux taux de détection et aux temps de réponse à l’aide de quatre paramètres libres, et j’ai montré que ce modèle surpassait un intégrateur parfait ainsi qu’un modèle sans intégration. J’ai ensuite adapté LEAP pour rendre compte de la durée perçue, définie comme le temps pendant lequel l’évidence accumulée reste au-dessus d’un seuil perceptif situé sous le seuil décisionnel. LEAP a reproduit l’illusion intensité-durée: la durée perçue augmentait avec l’intensité et la durée physique du stimulus. La confiance a été modélisée comme la valeur maximale d’évidence accumulée par rapport au seuil décisionnel, reproduisant les effets observés selon lesquels la confiance augmentait pour les stimuli rapportés lorsque l’intensité et la durée augmentaient, et diminuait pour les stimuli non rapportés. J'ai également utilisé LEAP pour reproduire les taux de détection et les temps de réponse dans une étude de stéréo-électroencéphalographie (sEEG). Les traces simulées d’accumulation d’évidence reflétaient les principales caractéristiques de l’activité gamma élevée observée dans le cortex visuel ventral (CVV) dans trois conditions expérimentales distinctes. Dans cette étude, l’activité du CVV a été identifiée comme reflétant la conscience perceptive indépendamment des exigences de la tâche, y compris en l’absence de rapport. Ces résultats soutiennent la plausibilité biologique de LEAP en tant que mécanisme sous-jacent à la conscience perceptive visuelle.​ Enfin, j’ai analysé des données de stimulation électrique intracrânienne afin d’identifier les régions jouant un rôle causal dans l’émergence de la conscience perceptive en l’absence de stimulus: les hallucinations. De manière remarquable, le cortex préfrontal, central dans plusieurs théories de la conscience, a présenté le moins d’hallucinations parmi les régions cérébrales stimulées, malgré un grand nombre de stimulations. Au contraire, la majorité des hallucinations étaient somatosensorielles, induites par la stimulation de l’insula et du cortex pariétal, tandis que les hallucinations visuelles et auditives étaient déclenchées par la stimulation des cortex occipital et temporal, respectivement.
 
Le jury de thèse sera composé de :
    • Lucie Charles (Queen Mary University of London), rapporteure 
    • Mathieu Servant (Université Marie et Louis Pasteur), rapporteur 
    • Louise Goupil (CNRS Délégation Alpes), examinatrice 
    • Jérôme Sackur (École des hautes études en sciences sociales), examinateur 
    • Christopher Moulin (Université Grenoble Alpes), examinateur et président du jury 

Date

On 21 May 2026

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

à 14h - Maison Jean Kuntzmann - Amphithéatre

https://visio.numerique.gouv.fr/atj-wpac-kva

 

Submitted on 2 March 2026

Updated on 20 May 2026