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Soutenance
Le 28 mai 2026
Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Caractériser la conscience à travers ses expressions minimales : de l'émergence transitoire du contenu conscient à sa perturbation momentanée dans le syndrome du blip épileptique, une étude électrophysiologique, comportementale et phénoménologique
À travers cette thèse, nous explorons les mécanismes neuronaux et phénoménologiques de la conscience en nous intéressant à ses formes les plus élémentaires et les plus fugaces, à l’interface entre expérience normale et expérience altérée. Ce travail s’inscrit dans le cadre théorique des corrélats neuronaux de la conscience (NCCs), définis comme les mécanismes neuronaux minimaux conjointement suffisants pour donner lieu à une expérience consciente spécifique, tout en questionnant les principaux défis méthodologiques liés à leur identification. Dans un premier temps, ce travail contribue à l’étude des NCCs spécifiques au contenu en examinant l’influence des attentes sur la perception consciente (Étude 1). À partir d’enregistrements EEG intracrâniens et d’un paradigme de masquage visuel, nos résultats suggèrent que les attentes modulent l’activité neuronale à la fois au niveau du cortex frontal inférieur et de la voie visuelle ventrale, contribuant ainsi à façonner l’émergence du contenu visuel conscient et ses marqueurs neuronaux. Ces résultats affinent les NCCs candidats et soulignent le rôle des processus prédictifs dans la perception consciente. Dans un second temps, nous proposons d’étendre le cadre des NCCs à un cadre théorique complémentaire et symétrique : les corrélats neuronaux de l’altération de la conscience (NCICs), définis comme les mécanismes neuronaux minimaux conjointement suffisants pour altérer une expérience consciente spécifique. Ce cadre s’appuie sur la description du syndrome du blip, initialement rapporté chez des sujets non épileptiques sous la forme d’expériences ultra-brèves évoquant une perte imminente de conscience, proposé comme un phénomène « quasi-épileptique » et resté relativement silencieux dans la littérature. Parmi les phénomènes épileptiques, les crises d’absence sont considérées comme les formes les plus « pures » d’altération transitoire de la conscience et constituent un modèle de référence pour étudier de telles perturbations. Dans ce contexte, les blips pourraient correspondre à une forme encore plus subtile d’altération de la conscience, au sein du continuum électroclinique des absences. Dans ce cadre, nous caractérisons le syndrome du blip épileptique à travers trois études. Dans l’Étude 2, nous présentons un cas neurophénoménologique canonique de syndrome du blip en contexte épileptique, dans lequel des phénomènes de type blip sont synchronisés avec de brèves bouffées généralisées de pointes-ondes. Dans l’Étude 3, nous décrivons le profil électrophysiologique de ces bouffées chez les patients rapportant des blips, mettant en évidence une augmentation de leur amplitude dans les régions frontales. Enfin, dans l’Étude 4, nous explorons la phénoménologie de ces événements et soulignons leur forte résonance clinique auprès des épileptologues. À notre connaissance, ces manifestations constituent la forme la plus minimale d’altération de la conscience décrite à ce jour, associée à des marqueurs neuronaux spécifiques, et soutiennent l’intérêt de l’épilepsie comme modèle pour l’étude des NCICs. Au-delà de leur portée théorique, ces résultats soulèvent des enjeux cliniques importants, les blips pouvant correspondre à une entité épileptique encore méconnue. Plus largement, ce travail propose un pont entre expressions normales et altérées de la conscience, en ciblant des NCCs et NCICs transitoires, tout en mettant en lumière les limites épistémologiques de ces approches. Dans son ensemble, cette thèse défend une approche intégrative, à l’interface de l’électrophysiologie et de la phénoménologie, pour comprendre comment les expériences conscientes émergent et, parfois, se trouvent altérées. Ce travail apporte ainsi un éclairage nouveau sur les mécanismes qui sous-tendent le flux de conscience.
Le jury sera composé de :
• Dr Nathan Faivre (Directeur de recherche, Université Grenoble Alpes), examinateur et président du jury
• Pr Agnès Trébuchon-Da-Fonseca (Université Aix-Marseille), rapportrice
• Pr Stéphane Charpier (Sorbonne Université), rapporteur
• Pr Lionel Naccache (Sorbonne Université), examinateur
• Dr Laurent Sheybani (Université de Genève), examinateur
• Pr Laurent Vercueil (Université Grenoble Alpes), directeur de thèse
• Dr Juan R. Vidal (Université Catholique de Lyon), co-directeur de thèse et membre invité
• Dr Marcela Perrone-Bertolotti (Université Grenoble Alpes), membre invitée
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Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
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