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Une nouvelle classification des troubles de l’écriture basée sur une analyse computationnelle

publié le , mis à jour le

Entre 5 et 10% des enfants du primaire présentent des troubles de l’écriture (dysgraphie) qui peuvent impacter négativement leur réussite scolaire. Il est donc essentiel de dépister et prendre en charge ces troubles.

Par une approche computationnelle permettant d’analyser les aspects dynamiques de l’écriture, nous avons analysé les traces écrites, à partir d’un texte de 5 lignes, de 218 enfants typiques et 62 enfants porteurs d’une dysgraphie, du CE1 au CM2. Nous montrons que l’écriture des enfants présentant une dysgraphie se distinguent de celle des enfants typiques sur la base de différents paramètres cinématiques liés principalement à la vitesse, à la pression, et l’angle du stylo.

Nous avons en outre identifié 3 sous-classes d’enfants porteurs d’une dysgraphie. Le premier groupe comprend des enfants présentant une dysgraphie légère, recrutés uniquement dans les écoles. Il est constitué principalement de filles (62%) et l’analyse des paramètres cinématiques révèle une automatisation du mouvement partiellement préservée. Les deux autres sous-groupes présentent des dysgraphies sévères, et sont constitués exclusivement d’enfants recrutés dans des centres spécialisés (CHU). Parmi ces enfants, un premier sous-groupe présente de grandes variations de vitesse d’écriture témoignant d’un défaut d’automatisation, et des défauts au niveau de la pression du stylo, qui varie peu au cours de l’écriture. Le second sous-groupe présente des anomalies essentiellement au niveau de la tenue du stylo (variations d’angle du stylo importantes et abruptes), suggérant un défaut de contrôle de l’instrument scripteur.

Cette nouvelle classification des dysgraphies ouvre de perspectives pour la détection automatique et la prise en charge des dysgraphies.

Lien vers l’article :https://journals.plos.org/plosone/article/comments?id=10.1371/journal.pone.0237575