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Soutenances de thèses

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Soutenance de Thèse

  • Développement des préférences pour la familiarité chez le nourrisson
    17 décembre 2015 - 09:00 - Fabrice DAMON

    Résumé : Le propos de ce travail de thèse est d’examiner le développement de la formation de catégories de visages, par l’étude des préférences visuelles des nourrissons dans la première année de vie. Nous avons cherché à préciser les mécanismes de formation des préférences visuelles en les intégrant dans le cadre théorique développé par Valentine (1991), le face-space. Nous avons proposé de lier ces préférences à la manière dont l’expérience perceptive des nourrissons avec différentes catégories de visages va structurer l’espace de représentation des visages. De manière générale, nous avons postulé que les nourrissons présenteront des préférences pour les visages proches de la tendance centrale (i.e., prototype) du face-space. Nous avons mis en évidence une tendance des nourrissons de 0 à 6 mois à présenter un biais pour des visages d’adultes par rapport à des visages de nourrissons (Etudes 1 et 2), les premiers correspondant à une catégorie de visages prépondérante de l’environnement des nourrissons, là où les seconds correspondent à une catégorie de visages peu rencontrée. Ce biais pour la familiarité s’est avéré disparaitre à 9 et 12 mois (Etude 3). Ces préférences liées à la familiarité pourraient être liées à une forme de fausse reconnaissance du visage des proches des nourrissons, issue de la surreprésentation de ces visages dans le quotidien des nourrissons. Ce pattern de préférences n’a en revanche pas été retrouvé lorsque des nourrissons de 3 à 12 mois ont été confrontés à des visages d’enfants ou de nourrissons (Etudes 4 et 5), les résultats montrant plutôt une préférence pour les visages les moins familiers, relativement à l’expérience des nourrissons. Nous avons ensuite étudié les capacités de catégorisation de nourrissons de 9 et 12 mois pour des visages de différentes catégories d’âges, i.e., adulte, enfant, nourrisson (Etude 6). Les nourrissons de 12 mois ont formé des catégories discrètes des visages d’adulte et de nourrissons d’une part, et d’enfants et de nourrissons d’autre part. Les nourrissons de 9 mois en revanche ont montré un pattern plus asymétrique en ce qu’ils ont formé une représentation des visages d’enfants excluant un nouveau visage de nourrisson, et une représentation des visages de nourrissons incluant un nouveau visage d’enfant. Les nourrissons ayant tous une expérience de la crèche, donc des visages de nourrissons, cette asymétrie pourrait être liée à une influence de la connaissance de cette catégorie de visage. Dans une dernière étude (Etude 7) nous avons cherché à montrer plus directement le lien entre préférences visuelles et proximité par rapport au prototype, chez des nourrissons humains de 12 mois et des nourrissons macaques de 3 mois (Macaca mulatta). La mise en évidence de préférences liées à la distance par rapport au prototype chez ces deux populations suggère la présence d’un mécanisme commun aux deux espèces conduisant à la formation de préférences visuelles pour les visages.

    Lieu : Salle de conférence MEDIAT Rhône-Alpes71 bis rue des Universités Campus St Martin-d’Hères

    Notes de dernières minutes : Composition du jury proposé : M. Olivier PASCALIS Directeur de thèse Laboratoire de psychologie et neurocognition, Université Grenoble-Alpes M. Denis MARESCHAL Rapporteur Birkbeck, University of London M. Benoist SCHAAL Rapporteur Centre des sciences du goût et de l’alimentation, Université de Bourgogne Mme Karine MAZENS Examinateur Laboratoire de psychologie et neurocognition, Université Grenoble-Alpes Mme Bahia GUELLAI Examinateur Laboratoire Ethologie Cognition Développement (LECD), Université Paris Ouest Nanterre La Défense


  • Méthodologie d’évaluation et bases neurales du sens de verticalité. Etudes chez les patients présentant un accident vasculaire cérébral.
    18 décembre 2015 - 14:00 - Céline PISCICELLI

    Résumé : Le sens de verticalité constitue un référentiel spatial fondamental pour percevoir et agir dans l’espace. Il permet notamment de déterminer la position de notre corps par rapport à la direction de la gravité et participe à l’organisation du contrôle postural chez l’homme. L’évaluation du sens de verticalité pour une meilleure compréhension des troubles posturaux et spatiaux de patients ayant présentés un accident vasculaire cérébral (AVC) devient pratique courante. Cependant, l’absence de standardisation et de connaissances des qualités psychométriques des mesures de la perception de la verticale limite considérablement l’utilisation clinique de ces outils et l’élaboration d’essais thérapeutiques pour le suivi des troubles posturaux en pathologie neurologique. L’AVC constitue également le modèle lésionnel humain privilégié pour l’étude du sens de verticalité. L’identification des aires cérébrales sous-tendant les processus d’intégration multisensorielle du sens de verticalité reposent majoritairement sur de techniques modernes d’analyse lésionnelle. Cependant, les connaissances des bases cérébrales de la construction et de la mise à jour du sens de verticalité sont encore partielles et appellent à des travaux complémentaires. Nos travaux de recherche visaient à améliorer notre compréhension du sens de verticalité par l’étude de ces altérations en pathologie vasculaire cérébrale, selon une double approche méthodologique et physiopathologique. Nous avons montré que l’évaluation de la perception visuelle de la verticale dans les suites d’un AVC requiert une installation précise des patients (maintien droit du tronc et de la tête chez les patients présentant des troubles posturaux) et doit être basée sur un minimum de 10 essais pour assurer une fidélité inter-essais élevée. Dans ces conditions d’évaluation, l’orientation de la verticale visuelle présente une excellente fidélité inter- et intra-évaluateur, garantissant la fiabilité de cette mesure pour la pratique et la recherche cliniques. Concernant la perception posturale de la verticale, nous proposons une procédure simplifiée et standardisée du test de la roue pour l’évaluation des biais contralésionnels de la verticale posturale après AVC hémisphérique. Enfin, nous identifions au moyen d’une analyse statistique lésionnelle un réseau d’aires corticales et sous-corticales impliqué dans la perception visuelle et posturale de la verticale. Le cœur de ces régions polymodales du sens de verticalité est centré sur le cortex operculo-insulaire et le thalamus postérolatéral, avec une nette prédominance hémisphérique droite et un chevauchement des aires nodales du cortex vestibulaire. Nos résultats nous permettent de mieux comprendre les bases cérébrales du sens de verticalité et constituent des guides importants pour l’utilisation clinique de la mesure du sens de verticalité.

    Lieu : Salle Mediat - Bibliothèque Droit-Lettres

    Notes de dernières minutes : Sous la direction de Dominic Pérennou et Julien Barra Membres du jury : Pr Isabelle Bonan, Université de Rennes I et CHU de Rennes ; rapporteur M. Christophe Lopez, Université Aix-Marseille ; rapporteur Pr Monica Baciu, Université de Grenoble Pr Michel Guerraz, Université de Savoie Pr Dominic Pérennou, Université de Grenoble et CHU de Grenoble M. Julien Barra, Université Paris Descartes.


  • Caractérisation et Rôle de l’empan visuo-attentionnel chez les lecteurs arabophones adultes et enfants (experts et dyslexiques).
    21 mars 2016 - 09:00 - Faris Haroon Rasheed AWADH

    Résumé : L’objectif général de cette thèse était d’étudier les capacités d’empan visuo-attentionnel (VA) des lecteurs arabophones. Les recherches ont montré que l’empan VA module le traitement visuel des séquences de lettres et joue à ce titre un rôle important en lecture experte, tel que modélisé dans le cadre du modèle multitraces de lecture experte (Ans, Carbonnel et Valdois, 1998). Il a également été montré que l’empan VA joue un rôle dans l’acquisition de la lecture et qu’une réduction de l’empan VA explique certaines formes de dyslexies développementales. Néanmoins, les études menées jusqu’ici se sont limitées aux langues européennes. Il s’agissait donc d’évaluer la pertinence du concept d’empan VA dans une langue de structure très différente, comme l’arabe. Deux questions principales ont été abordées : la première (Etude 1) portait sur une éventuelle modulation des capacités d’empan VA selon la langue ; elle a été menée chez des lecteurs experts. La seconde (Etude 2) visait à évaluer l’implication de l’empan VA dans les troubles de l’apprentissage de la lecture. Dans l’étude 1, nous avons comparé les performances d’empan VA chez des adultes de langue française, espagnole ou arabe. Nous montrons notamment que les capacités d’empan VA sont plus limitées chez les arabophones que chez les français ou les hispanophones. La taille de l’empan VA n’est pas modulée par la transparence de la langue mais pourrait varier selon les contraintes de traitement des mots (traitement parallèle pour le français et l’espagnol mais traitement privilégié de la racine morphologique pour l’arabe). L’étude 2 a porté sur des enfants arabophones de 4ème et 5ème année, bons et mauvais lecteurs, qui ont été soumis à des épreuves de lecture, de conscience phonologique et d’empan VA. Nous montrons que les capacités d’empan VA contribuent à expliquer les performances en lecture de mots et de texte, voyellé et non voyellé, indépendamment des capacités phonologiques des enfants. Comme dans les langues européennes, un sous-groupe d’enfants mauvais lecteurs présente un trouble isolé de l’empan VA. Par contre, la proportion d’enfants présentant un trouble de l’empan VA, isolé ou pas, est beaucoup plus importante que dans les études précédentes portant sur les langues européennes. Ces résultats devraient conduire à proposer de nouveaux outils de diagnostic et de remédiation des troubles d’apprentissage de la lecture chez les lecteurs arabophones. Ils ont également des implications potentielles sur les méthodes d’enseignement de la lecture en langue arabe.
    Abstract
    The general objective of this thesis was to study the visual and attentional span capacity (VA) Arabic-speaking readers. The research shown that the span VA modulates the visual processing sequences of letters and as such plays an important role in expert reading, as modeled in the multichannel model expert reading (Ans, Carbonnel and Valdois, 1998). It was also shown that the span VA has a role in the acquisition of reading and a reduction in the span VA explains certain forms of developmental dyslexia. However, studies to date have been limited to European languages. It was therefore to assess the relevance of the concept span VA in a language very different structure, such as Arabic. Two questions principal were discussed : the first (Study 1) was for a possible adjustment of the VA span abilities by language ; it was conducted in expert readers. The second (Study 2) designed to evaluate the involvement of the VA span in disorders of learning to read. In Study 1, we compared the performance of VA span among French-speaking adults, Spanish or Arabic. We show in particular that the VA span abilities are more limited in Arabic than in French or Spanish speakers. The size of the VA span is not changed by the transparency of language but could vary depending on the constraints of word processing (parallel processing for French and Spanish but privileged treatment of morphological root for Arabic) . The study focused on two Arabic-speaking children in 4th and 5th year, good and bad players, who have been subjected to tests reading, phonological awareness and VA span. We show that the VA span abilities help to explain performance in reading words and text, and not vowelized vowelized regardless of phonological abilities of children. As in European languages, a subgroup of children poor readers present an isolated disorder VA span. For cons, the proportion of children with a disorder of the span VA, isolated or not, is much higher than in previous studies of European languages. These results should lead to propose new diagnostic tools and remediation of learning disorders in reading Arabic speaking readers. They also have potential implications for the teaching methods of reading in Arabic.

    Lieu : Amphi MSH ALPES

    Notes de dernières minutes : Membres du Jury : Marie Line BOSSE (Professeure UGA, présidente), Ahmed AHAMI (Professeur, Université Ibn Tofail, Kenitra, Maroc ; rapporteur), Yves CHAIX (Professeur, Université Paul Sabatier et INSERM U825, Toulouse, France ; rapporteur), Marie Josèphe TAINTURIER (Professeure, School of Psychology, Université de Bangor, UK ; examinatrice externe), Sylviane VALDOIS (DR CNRS, UGA, directrice de thèse).


  • "Interaction entre le schéma corporel et les comportements moteurs dans l’anorexie mentale et chez le sujet sain"
    6 avril 2016 - 14:00 - Morgane METRAL

    Résumé :

    Résumé


    Le schéma corporel est une représentation interne et dynamique du corps, de la morphologie, et des positions relatives des segments corporels. Celui-ci serait le support à partir duquel une motricité adaptée va pouvoir se mettre en place. L’objectif principal de ce travail doctoral était d’évaluer plus précisément cette intrication entre schéma corporel et comportements moteurs. Nous avons ainsi évalué à la fois l’effet de différentes distorsions du schéma corporel sur le comportement moteur, et inversement l’effet des comportements moteurs sur la modulation éventuelle du schéma corporel.
    Tout d’abord, nous avons testé si la distorsion morphologique du schéma corporel rapportée récemment dans l’anorexie mentale avait un retentissement sur la locomotion des patientes, dans une tâche de passabilité d’ouvertures (Etude 1). Les patientes ont effectivement tourné leurs épaules pour des largeurs d’ouvertures qui, compte tenu de leur nouvelle morphologie, ne nécessitaient pas une telle contorsion. Des comportements moteurs identiques ont été observés chez une patiente ayant perdu massivement et rapidement du poids, mais sans souffrir d’anorexie mentale (Etude 2). Ces résultats dans leur ensemble soulignent la rigidité du schéma corporel face à des changements corporels majeurs, ainsi que son incidence forte sur le comportement moteur dans l’anorexie mentale.
    Dans un deuxième temps, nous avons induit chez le sujet sain, grâce au paradigme miroir, souvent utilisé en réadaptation motrice, une distorsion entre schéma corporel et segments corporels, afin d’en évaluer les conséquences sur le comportement moteur volontaire (coordination bimanuelle, Etude 3) et involontaire (post-effet moteur, Etude 4). Les résultats de nos études font apparaître que la modulation des comportements moteurs dans le paradigme miroir serait plus liée aux afférences proprioceptives du bras face au miroir ou encore à une meilleure répartition des processus attentionnels, plutôt qu’à la distorsion du schéma corporel via le miroir.
    Enfin, nous avons testé si les comportements moteurs, ou tout du moins l’intention motrice à l’origine, pouvaient en retour moduler le schéma corporel et le sens du mouvement (Etude 5). Les illusions de mouvement induites dans le paradigme miroir ont bien été modulées selon que l’intention motrice du bras soumis à l’illusion soit congruente ou non avec le sens du mouvement illusoire généré.
    Compte tenu de l’implication de l’intention motrice dans la mise à jour du schéma corporel, nous suggérons que la prise en charge des troubles du schéma corporel (e.g. dans l’anorexie mentale), souvent basée sur une réadaptation visuelle de la représentation du corps, devrait être complétée par une remédiation sensori-motrice.
    Mots clefs : schéma corporel, comportement moteur, anorexie mentale, paradigme miroir, kinesthésie

    JURY


    - Joseph McINTYRE, professeur, Ikerbasque Science Foundation (rapporteur)
    - Catherine MERCIER, professeure, Université Laval, Québec (rapportrice)
    - Anne KAVOUNOUDIAS, MCF, Université Aix Marseille (examinatrice)
    - Martine BOUVARD, Professeure, Université Savoie Mont Blanc (examinatrice)
    - Amélie ROUSSEAU, Professeure, Université Lille 3 (invitée)
    - Marion LUYAT, MCF, Université Lille 3 (co-directrice)
    - Michel GUERRAZ, Professeur, Université Savoie Mont Blanc (directeur)

    Lieu : Amphi 19000 Université Savoie Mont-Blanc

    Notes de dernières minutes : {{{JURY }}} - Joseph McINTYRE, professeur, Ikerbasque Science Foundation (rapporteur) - Catherine MERCIER, professeure, Université Laval, Québec (rapportrice) - Anne KAVOUNOUDIAS, MCF, Université Aix Marseille (examinatrice) - Martine BOUVARD, Professeure, Université Savoie Mont Blanc (examinatrice) - Amélie ROUSSEAU, Professeure, Université Lille 3 (invitée) - Marion LUYAT, MCF, Université Lille 3 (co-directrice) - Michel GUERRAZ, Professeur, Université Savoie Mont Blanc (directeur)


  • Modélisation cognitive computationnelle de la lecture de textes chez les enfants
    11 juillet 2016 - 14:00 - Lyuba MANCHEVA

    Résumé : L’apprentissage de la lecture nécessite notamment d’acquérir une
    coordination fine des mouvements des yeux, de l’attention et des
    traitements lexicaux afin de permettre une lecture fluide et efficace.
    Contrairement à ce que nous ressentons, le comportement des yeux est
    très complexe et dépend de plusieurs facteurs liés aux propriétés du
    langage, aux connaissances lexicales, à l’expertise en lecture de
    l’individu et à la nature de la tâche. L’étude des différences
    interindividuelles entre les experts, les bons et les faibles lecteurs
    peut nous aider à mieux comprendre les processus sous – jacents de la
    lecture.
    Le contrôle fin des mouvements des yeux peut être étudié en recourant à
    des analyses statistiques ou à des modèles computationnels qui simulent
    les processus de la lecture et reproduisent des mouvements oculaires,
    spatialement et temporellement. Dans ces travaux de thèse, nous avons
    utilisé les analyses statistiques et la modélisation computationnelle
    pour comprendre pourquoi nous observons des différences dans les
    comportements en lecture entre différents groupes d’âge (adultes vs
    enfants) et au sein du même groupe d’âge (faibles vs bons lecteurs).
    Ainsi, les changements observés entre ces différents groupes peuvent
    être expliqués par des différences dues à l’effet du développement du
    contrôle oculomoteur et/ou des compétences en lecture. Une question
    fondamentale est la compréhension de la cause et de l’effet de ces
    changements au niveau des mouvements des yeux.
    Ainsi, les questions cruciales auxquelles nous tenterons de répondre
    sont les suivantes : quelles sont les différences au niveau des
    comportements oculomoteurs entre les différents groupes d’âge des
    lecteurs (adultes vs enfants) ? Pourquoi observons- nous ces différences
     ? Pour un public ciblé d’enfants, quelles sont les caractéristiques des
    comportements oculaires sur les mots, en termes de fixations, de
    saccades ? Comment en rendre compte dans une démarche de modélisation
    des processus oculomoteurs de la lecture ?


  • Effets du vieillissement normal sur la production lexicale -Approche pluridisciplinaire
    23 novembre 2016 - 14:00 - Naïla BOUDIAF

    Résumé : Le vieillissement normal est associé à des difficultés cognitives même en absence de pathologies sous-jacentes. Les fonctions cognitives sont connues pour être sensibles à l’effet de l’âge, à l’exception de la fonction langagière qui fait débat. Cependant, les personnes âgées rapportent des difficultés de production lexicale qui sont également présentes dans des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. L’objectif de ce travail de thèse a été de caractériser l’évolution des processus cognitifs impliqués dans la production lexicale sur le plan comportemental puis de caractériser les modifications cérébrales neurofonctionnelles et vasculaires associées. Dans une première étude en psychologie comportementale incluant 72 participants sains, âgés de 30 à 84 ans, nous avons montré un effet différentiel de l’âge sur les processus de dénomination orale et les processus d’associations sémantiques. La dénomination orale était bien préservée dans le vieillissement normal en termes de compétence, mais elle semblait être affectée par un ralentissement cognitif généralisé. Par contre, nous avons observé un ralentissement plus important des processus d’associations sémantiques qui est probablement dû à un contrôle exécutif moins efficace. Une deuxième étude en IRM fonctionnelle a confirmé ces résultats et a suggéré la mise en place de mécanismes compensatoires pour palier ces difficultés cognitives. Enfin, nous avons caractérisé les modifications de perfusion cérébrale basale et fonctionnelle dans une dernière étude en IRM fonctionnelle vasculaire. Nous avons montré le lien entre ces modifications et les capacités cognitives chez les mêmes participants sains, ainsi que chez des patients atteints de troubles cognitifs à des stades précoces. Cette approche multimodale combinant la psychologie expérimentale, la neuropsychologie, la neuroimagerie et l’imagerie de perfusion cérébrale a permis d’obtenir un tableau neurocognitif plus complet afin de décrire les modifications cognitives, cérébrales et vasculaires qui interviennent dans le vieillissement normal lors de la production du langage.

    Lieu : amphi MSH Alpes
    1221 avenue centrale - Domaine universitaire
    St Martin d’Hères

    Notes de dernières minutes :
    Rapporteurs :
    Madame Fanny MEUNIER, DR, CNRS Université Lyon 1
    Monsieur Jérôme HODEL, PUPH, Hôpitaux Universitaires Henri Mondor

    Examinateur :
    Monsieur Jean-François DEMONET, PUPH, Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

    Directeurs de Thèse :
    Madame Monica BACIU, PU, CNRS Université Grenoble Alpes
    Monsieur Alexandre KRAINIK, PUPH, CHU Grenoble Alpes


  • Étude des règles de l’intégration multisensorielle en kinesthésie et de leur évolution liée à l’âge : Approches Psychophysiques & Modélisation Bayésienne
    5 décembre 2016 - 14:30 - Marie CHANCEL

    Résumé : Au quotidien, notre système nerveux central utilise et intègre de multiples informations sensorielles pour percevoir de façon cohérente et efficace les mouvements de notre corps et de nos membres. Une littérature abondante a décrit chacune des contributions des entrées sensorielles visuelle, proprioceptive musculaire ou encore tactile dans l’émergence de cette perception, appelée kinesthésie. Mais des questions demeurent quant aux principes régissant l’intégration de ces différents sens à des fins kinesthésiques.
    Revisitant un phénomène illusoire classiquement considéré comme d’origine purement visuelle, le paradigme miroir, nous avons étudié l’influence possible de la proprioception musculaire issue d’un membre sur la perception des mouvements du membre controlatéral. Nos résultats montrent en effet que cette illusion de mouvement d’un bras caché derrière un miroir, créée par la réflexion du bras controlatéral en mouvement dans ce miroir, émerge de la prise en compte des informations visuelles mais également des afférences proprioceptives en provenance du bras mobilisé. Dans un deuxième temps, pour estimer plus précisément les contributions relatives et interactions entre différentes modalités, nous appliquons des stimulations sensorielles spécifiques des entrées visuelles, tactiles et/ou proprioceptives musculaires, induisant des sensations illusoires de mouvement de la main chez des sujets parfaitement immobiles. En combinant méthode psychophysique et modélisation bayésienne, nous démontrons que l’intégration des informations visuelles et tactiles permet d’optimiser la capacité à discriminer la vitesse des mouvements de la main ; Toutefois, la perception kinesthésique demeure biaisée en faveur des informations proprioceptives musculaires chez des sujets adultes jeunes. En revanche, testés chez des individus âgés de plus de 60 ans, ces mêmes stimulations révèlent un changement de pondération relative entre ces trois différentes entrées en faveur des afférences d’origine tactile et visuelle, probablement dû à une altération plus importante de la sensibilité proprioceptive musculaire au cours du vieillissement.
    Cette thèse souligne donc la contribution majeure de la proprioception musculaire dans la construction des percepts multisensoriels kinesthésiques chez l’adulte jeune. Toutefois, des stratégies de repondération sensorielle et de préservation des mécanismes intégratifs permettraient de compenser au moins partiellement les déficits liés au déclin avéré des systèmes sensoriels chez l’adulte âgé.
    Mots clefs : Kinesthésie, intégration multisensorielle, modélisation bayésienne, vieillissement, psychophysique, illusion

    Lieu : Salle des Voûtes
    3, place Victor Hugo - site Saint-Charles - Marseille

    Notes de dernières minutes :
    Monsieur Jean-Pierre BRESCIANI, Professeur à l’université de Fribourg, Suisse (Examinateur)
    Monsieur Yann COELLO, Professeur à l’université Lille III, France (Rapporteur)
    Monsieur, Alessandro FARNE, Directeur de recherche au centre de Recherche en Neuroscience de Lyon, France (Rapporteur)
    Monsieur Vincent NOUGIER, Professeur à l’université Grenoble Alpes, France (Examinateur)
    Madame Anne KAVOUNOUDIAS, Maître de conférence à l’université Aix-Marseille, France (Directrice de thèse)
    Monsieur Michel GUERRAZ, Professeur à l’université Savoie Mont Blanc, France (Directeur de thèse)


  • Variabilité cardiaque de haute fréquence et comportements prosociaux Approche causale de la théorie polyvagale
    12 décembre 2016 - 14:30 - Brice BEFFARA

    Résumé : La théorie polyvagale (Porges, 2007) propose la flexibilité physiologique comme corrélat des compétences socio-émotionnelles. Cette flexibilité physiologique est en partie déterminée par les interactions coeur-cerveau mesurables par la variabilité cardiaque de haute fréquence (HF-HRV). Selon cette théorie, une plus haute HF-HRV devrait être associée à une meilleure perception des émotions et à des comportements davantage prosociaux. Si plusieurs données tendent à corroborer cette proposition, aucune étude ne permet de tester précisément ces hypothèses. Nous avons donc mené une série d’études ayant pour but de les tester. Dans une première étude, nous avons testé le lien entre HF-HRV et comportement prosocial mesuré par le niveau de coopération. Le niveau de HF-HRV prédisait le niveau de coopération mais dans un contexte spécifique. Notre deuxième étude avait pour but de tester le lien entre HF-HRV et perception des émotions. Ici, le niveau de HF-HRV ne prédisait pas de meilleures performances en reconnaissance d’émotions. Nous avons ensuite voulu tester un éventuel lien causal existant entre HF-HRV et prosocialité. Pour cela nous avons réalisé une expérience (étude 3) visant à manipuler la HF-HRV par biofeedback. Le biofeedback augmentait la HF-HRV mais uniquement chez les individus avec une faible ligne de base. L’étude 4 testait si manipuler la HF-HRV par biofeedback modulait le comportement de coopération. Nous n’avons pas répliqué nos résultats quant à l’efficacité du biofeedback et n’avons donc pas observé d’effet sur la coopération. La cinquième et dernière étude permettait de tester si manipuler la prosocialité modulait le niveau de HF-HRV. Nous n’avons pas observé d’effet de notre manipulation expérimentale sur la HF-HRV. En conclusion, la prédiction de la théorie polyvagale est corroborée par les données empiriques quant au lien entre HF-HRV et comportements prosociaux mais aucune confirmation n’a pu étayer le rapport entre perception des émotions et HF-HRV. Dans le cas des manipulations expérimentales à court terme, aucune relation causale entre HF-HRV et comportements prosociaux n’a été observée.
    Mots-clés : théorie polyvagale ; HF-HRV ; coopération ; perception des émotions ; biofeedback ; prosocialité ; flexibilité physiologique

    Lieu : Salle de Conférence Bâtiment André Rassat Site Chimie - Bâtiment E - 470 rue de la Chimie Domaine Universitaire 38400 SAINT-MARTIN-D’HÈRES

    Notes de dernières minutes : Prof. Dr. Gilles R.C. POURTOIS Universiteit Gent, Belgique Rapporteur
    Dr. Valérie DUFOUR Université de Strasbourg - CNRS, France Rapporteur
    Pr. Bernard RIMÉ Université Catholique de Louvain, Belgique Examinateur
    Pr. Pierre MAURAGE Université Catholique de Louvain, Belgique Examinateur
    Pr. Martial MERMILLOD Université Grenoble Alpes - CNRS, France Directeur de thèse
    Pr. Nicolas VERMEULEN Université Catholique de Louvain, Belgique Directeur de thèse


  • L’appréhension des quantités par la vision et par le toucher : développement et rôle dans les apprentissages numériques chez l’enfant
    14 décembre 2016 - 14:00 - Fanny GIMBERT

    Résumé : Depuis la naissance, l’enfant possède des intuitions numériques lui permettant d’appréhender approximativement les quantités. Cette capacité repose sur le système approximatif du nombre (SAN). La présente thèse avait pour objectif d’identifier les principaux prédicteurs de la réussite en mathématiques, d’examiner les caractéristiques du SAN et de tester des interventions destinées à favoriser les apprentissages numériques des enfants, mettant en jeu leurs intuitions numériques.
    La précision du SAN, les capacités de mémoire de travail et la précision avec laquelle l’association entre les nombres symboliques à leurs quantités respectives (i.e., le « mapping ») est réalisée, semblent être des capacités importantes dans les apprentissages numériques. Une première étude, s’intéressant aux trois facteurs susmentionnés, a montré qu’à 5 ans, les deux prédicteurs principaux de la réussite en arithmétique sont la précision du SAN et du mapping, alors qu’à 7 ans ce sont les capacités de mémoire de travail et la précision du mapping. Les deux études suivantes ont montré que le SAN pouvait traiter des quantités avec le toucher et que sa précision se développait avec l’âge, en particulier entre 5 et 10 ans, puis stagnait jusqu’à l’âge adulte. Si la précision du SAN mesurée tactilement a augmenté au cours de séances d’entraînements, aucun effet sur les performances en arithmétique n’a été observé dans la quatrième étude. Dans ces dernières études, les relations observées entre la précision du SAN mesurée tactilement et visuellement, et les performances en arithmétique dépendaient de l’âge des participants, de la modalité sensorielle mise en jeu pour mesurer la précision du SAN et des tâches arithmétiques utilisées. Les deux dernières études avaient pour but d’améliorer la précision de mapping. Entraîner les capacités de mapping chez des enfants de 5 ans via un jeu de déplacement sur ligne numérique a amélioré leur connaissance de la chaîne numérique verbale, mais pas leurs performances en arithmétique. Enfin, le phénomène de « calibration » visuelle a permis d’améliorer la précision de mapping chez l’enfant de 7 ans et chez l’adulte. Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ce processus peut être utilisé pour favoriser les apprentissages.
    Ces résultats nous éclairent sur la pertinence d’utiliser les intuitions numériques des enfants dans les apprentissages numériques.

    Lieu : Salle Jacques Cartier
    Maison des langues et de la culture
    1141 avenue centrale,
    Saint Martin d’Hères

    Notes de dernières minutes :
    Jury :
    Mme Valérie CAMOS Professeur, Université de Fribourg, Présidente
    M. Michel FAYOL Professeur émérite, Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, Rapporteur
    M. Bruno VILETTE Professeur, Université Lille 3, Rapporteur
    M. Emmanuel SANDER Professeur, Université Paris 8, Examinateur
    Mme Véronique IZARD Chargée de Recherche CNRS, Université Paris Descartes, Examinatrice
    M. Edouard GENTAZ Directeur de Recherche CNRS, Université Grenoble-Alpes, Directeur de thèse
    Mme Karine MAZENS Maître de conférences, Université Grenoble-Alpes, Co-Encadrante de thèse


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