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Soutenances de thèses

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Soutenance de Thèse

  • L’apport des informations visuelles des gestes oro-faciaux dans le traitement phonologique de phonèmes natifs et non-natifs : approches comportementale et neurophysiologique
    3 février 2015 - 13:30 - Sabine BURFIN

    Résumé : Résumé de la thèse en français :
    En situation de perception audiovisuelle de la parole, comme lors des conversations face-à-face, nous pouvons tirer partie des informations visuelles fournies par les mouvements oro-faciaux du locuteur. Ceci améliore l’intelligibilité du discours. L’objectif de ce travail était de déterminer si ce « bénéfice audiovisuel » permet de mieux identifier les phonèmes qui n’existent pas dans notre langue. Nos résultats révèlent que l’utilisation de l’information visuelle permet de surmonter les difficultés posées par la surdité phonologique dont nous sommes victimes lors d’une présentation auditive seule (Etude 1). Une étude EEG indique que l’apport des informations visuelles au processus d’identification de phonèmes non natifs pourrait être dû à une modulation précoce des traitements effectués par le cortex auditif primaire (Etude 2). En présentation audiovisuelle les phonèmes non natifs donnent lieu à une P50, ce qui n’est pas observé pour les phonèmes natifs. Il semblerait également que l’expérience linguistique affecte l’utilisation des informations visuelles puisque des bilingues précoces semblent moins aptes à exploiter ces indices pour distinguer des phonèmes qui ne leur sont pas familiers (Etude 3). Enfin, l’étude de l’identification de consonnes plosives natives avec une tâche de dévoilement progressif nous a permis d’évaluer la contribution conjointe et séparée des informations auditives et visuelles (Etude 4). Nous avons observé que l’apport de la modalité visuelle n’est pas systématique et que la prédictibilité de l’identité du phonème dépend de la saillance visuelle des mouvements articulatoires du locuteur. Mots-clés : perception audiovisuelle de la parole, phonèmes natifs et non natifs, bilinguisme, neurophysiologie.
    Résumé de la thèse en anglais :
    During audiovisual speech perception, like in face-to-face conversations, we can take advantage of the visual information conveyed by the speaker’s oro-facial gestures. This enhances the intelligibility of the utterance. The aim of this work was to determine whether this “audiovisual benefit” can improve the identification of phonemes that do not exist in our mother tongue. Our results revealed that the visual information contributes to overcome the phonological deafness phenomenon we experience in an audio only situation (Study 1). An ERP study indicates that this benefit could be due to the modulation of early processing in the primary auditory cortex (Study 2). The audiovisual presentation of non native phonemes generates a P50 that is not observed for native phonemes. The linguistic background affects the way we use visual information. Early bilinguals take less advantage of the visual cues during the processing of unfamiliar phonemes (Study 3). We examined the identification processes of native plosive consonants with a gating paradigm to evaluate the differential contribution of auditory and visual cues across time (Study 4). We observed that the audiovisual benefit is not systematic. Phoneme predictability depends on the visual saliency of the articulatory movements of the speaker. Key words : audiovisual speech perception, native and non native phonemes, bilingualism, neurophysiology

    Lieu : Amphi MSH Alpes - Grenoble- 1221 avenue centrale - Domaine universitaire - St Martin d’Hères BP 47 - 38040 GRENOBLE CEDEX 9 - salle Amphi MSH

    Notes de dernières minutes : devant le jury composé de : Fanny MEUNIER Directeur de Recherche CNRS Laboratoire L2C2 Groupe de recherche SpiN Rapporteur Noël NGUYEN Professeur Laboratoire Parole et Langage UMR 7309 CNRS Rapporteur Jean-Luc SCHWARTZ Directeur de Recherche CNRS Gipsa-Lab UMR 5216 CNRS Examinateur Sonia KANDEL Professeur Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition Directeur de thèse


  • Autisme et Architecture : L’exploration des Troubles du Spectre Autistique en relation avec les paramètres architecturaux de leurs lieux de vie
    27 février 2015 - 09:30 - Lucie LONGUEPEE

    Résumé : Résumé de la thèse en français :
    La recherche engagée dans ce travail de thèse se propose d’étudier les effets que peuvent avoir différentes composantes du cadre architectural sur l’adaptation des personnes adultes avec autisme, et l’expression clinique des symptômes inhérents aux Troubles du Spectre Autistique (TSA). Pour ce faire, la recherche menée a consisté en un inventaire concernant cette problématique, tant d’un point de vue théorique (description des concepts abordés et revue de littérature des études existantes) que pratique (méthodologie exploratoire appliquée au terrain). Nos objectifs étant d’établir des hypothèses spécifiques concernant l’impact des caractéristiques architecturales de l’environnement bâti sur l’état clinique des personnes atteintes de TSA, un volet clinique et un volet architectural ont été menés conjointement afin de représenter l’inter-disciplinarité nécessaire pour répondre aux objectifs communs et complémentaires de cette recherche. Ce manuscrit présente la méthodologie utilisée lors de l’évaluation clinique des personnes adultes atteintes de TSA qui résident et sont prises en charge au sein d’institutions sanitaires et médico-sociales (Foyers d’Accueil Médicalisés et Maison d’Accueil Spécialisée) et le protocole de caractérisations architecturales des espaces/temps de vie quotidienne de ces établissements. Nous présentons, dans un premier temps, le descriptif de la population étudiée et les caractéristiques des lieux de vie qui leur sont dédiés. Puis, nous présentons, dans un second temps, les résultats obtenus par la conceptualisation de modèles d’analyses multi-niveaux / multi-variées des données inter-disciplinaires ainsi recueillies (N=21 établissements/unités, N=148 résidents). Nous en discutons les interprétations possibles formulables sous forme d’hypothèses exploratoires entre les paramètres de caractérisations architecturales et les évaluations comportementales et sensorielles des adultes atteints de TSA. Nous présentons également les perspectives de continuité de ce projet de recherche, tant pour les questionnements exploratoires émergents, que pour les possibilités expérimentales qu’il incite afin d’affiner notre compréhension des facteurs environnementaux susceptibles de générer et/ou d’atténuer les troubles comportementaux et sensoriels observés chez les personnes atteintes de TSA.
    Résumé de la thèse en anglais :
    The research undertaken in this thesis project was to study the possible effects of different components of the architectural framework on the adaptation of adults with autism, and the clinical expression of their symptoms associated with Autism Spectrum Disorders (ASD). The research consisted of an inventory of the main points known on the issue at this time, both from a theoretical point of view (description of the concepts and literature review of existing studies) and practical (exploratory methodology applied to the field). As our goals were to establish specific assumptions about the impact of architectural features of the environment on the clinical condition of people with ASD, a clinical component and an architectural component were carried out jointly to represent the inter-disciplinarity necessary to meet the common and complementary objectives of this research. This manuscript presents the methodology used in the clinical evaluation of adults with ASD who live in healthcare and medico-social institutions (in France, “Foyers d’Accueil Médicalisé” and “Maison d’Accueil Spécialisée”) and the architectural characterizations protocol of the spaces/time everyday life in these institutions. We report, in the first instance, the description of the studied population and the characteristics of the living spaces that are dedicated to it. In a second step, we present the results obtained by the conceptualization of multilevel analysis models/multivariate inter-disciplinary of the collected data (N = 21 care institutions, N = 148 residents). We discuss the possible interpretations formulated in the forms of exploratory hypotheses between architectural characterization parameters and behavioral and sensory evaluations of adults with ASD. Finally, we discuss avenues for further research in order to refine our understanding of the environmental factors that can generate and/or attenuate behavioral and sensory processing disorders observed in individuals with ASD.

    Lieu : Université de SavoieRue Jean-Baptiste Richard, 73000 Jacob-Bellecombette - salle 19000

    Notes de dernières minutes : devant le jury composé de : Martine BOUVARD Professeur Université de Savoie Directeur de thèse Serge PORTALIER Professeur Université Lyon 2 Rapporteur Patrick CHAMBRES Professeur Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand Rapporteur Brigitte ASSOULINE Pédopsychiatre Centre Hospitalier Alpes-Isère Co-encadrant de thèse Sophie DONNADIEU Maître de Conférences Université de Savoie Examinateur Bernadette ROGE Professeur Université de Toulouse II - Le Mirail Examinateur


  • "Evaluation et développement d’un modèle de la mémoire épisodique reposant sur un processus de mise à jour égocentrée"
    27 avril 2015 - 14:00 - Mélanie CERLES - LPNC

    Résumé : "La mémoire épisodique donne la capacité de voyager mentalement dans son propre passé. En cela, elle permet de faire fi du temps qui passe pour pouvoir revivre des événements passés. Ce travail de thèse évalue l’hypothèse selon laquelle la mémoire épisodique et la sensation de revivre un événement passé (i.e., conscience autonoëtique) sont basées sur une fluence dans la reconstruction de l’épisode, reconstruction impliquant une mise à jour égocentrée. Cette proposition est développée dans le modèle de Gomez et collaborateurs (Gomez, Rousset & Baciu, 2009) qui propose que la mise à jour égocentrée permette de ré-instancier un point de vue spatialisé égocentré sur l’évènement remémoré. Ce travail de thèse a amené de nouveaux arguments en faveur de ce modèle, en évaluant à la fois l’approche attributionnelle de la mémoire épisodique et le lien fonctionnel entre la mise à jour égocentrée en ligne et la mémoire épisodique. Une première série d’études met en évidence une influence de la fluence du processus de mise à jour égocentrée sur la conscience autonoëtique. L’augmentation artificielle de la fluence de mise à jour égocentrée, lors de la reconnaissance, augmente le sentiment de conscience autonoëtique et ce uniquement lorsque la reconnaissance implique une reconstruction. Une seconde série d’études permet de mettre en évidence un effet d’interférence du processus de mise à jour égocentrée en ligne sur la récupération épisodique. Actualiser sa position dans l’espace lors d’un déplacement a beau être un processus automatique, cela ralentit spécifiquement le rappel de source. Enfin, une étude impliquant des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, met en évidence une dissociation entre les compétences en mise à jour égocentrée chez ces patients. Ces résultats sont discutés dans le cadre du modèle de Gomez et collaborateurs et en regard d’une conception incarnée et située de la cognition.
    Mots-clés : Mémoire épisodique, Conscience autonoëtique, Mise à jour égocentrée, Déplacement de soi, Fluence, Reconstruction, Attribution, Interférence."
    Abstract :
    "Episodic memory makes it possible to mentally travel back in our own past ; it breaks the law of the unidirectionality of time, and allows us to mentally relive past events. The main goal of this work was to investigate whether episodic memory and the subjective feeling of reliving a past event (i.e., autonoetic consciousness) arise from the fluency of the reconstruction process of the event. This reconstruction would involve the process of egocentric spatial updating with self-motion. This hypothesis was first developed in Gomez and colleagues’ model (Gomez, Rousset, & Baciu, 2009) that suggests that egocentric updating re-instances an egocentric spatial point of view on the remembered event. The present work brings additional behavioral evidences to this model by assessing both the conception of attributional episodic memory and the functional link between online egocentric updating with self-motion and episodic memory. A first set of studies showed that enhancing artificially the fluency of the egocentric updating process, during the recognition phase, increased autonoetic consciousness. Moreover, such phenomenon only happened when recognition involved a reconstruction process. A second set of studies showed that performing an online egocentric updating with self-motion interfered with remembering. Although the updating of its own position though self-motion is automatic, it specifically slows down source recall. Finally, a last study showed a dissociation between preservations of and deficits of egocentric spatial updating abilities in patients suffering from Alzheimer’s disease. The results of these studies are discussed in the context of Gomez and colleagues’ model, and in terms of embodied and situated cognition.
    Key words : Episodic memory, Autonoetic consciousness, Egocentric spatial updating, Self-motion, Fluency, Reconstruction, Attribution, Interference."

    Lieu : Amphithéatre MSH -St Martin d'Hères


  • Etude du traitement visuel rétinotopique des fréquences spatiales de scènes et plasticité cérébrale au cours du vieillissement normal et pathologique.
    4 novembre 2015 - 10:00 - Stephen Ramanoel

    Résumé : L’analyse visuelle de scènes débute par l’extraction en parallèle de différentes caractéristiques visuelles élémentaires à différentes fréquences spatiales. L’objectif de cette thèse a été de préciser les mécanismes et les bases cérébrales du traitement des fréquences spatiales lors de la catégorisation de scènes et leur évolution au cours du vieillissement normal et pathologique. Nous avons tout d’abord mené deux études en Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) sur des adultes jeunes avec une vision normale afin de proposer un outil de cartographie rétinotopique des aires visuelles permettant une localisation fine des activations cérébrales qui soit à la fois rapide et précis (Expériences 1 et 2). Dans un second temps, nous avons étudié via IRMf les bases cérébrales du traitement des fréquences spatiales lors de la catégorisation de scènes chez de jeunes adultes avec vision normale (Expérience 3). Nous avons également étudié l’influence de la normalisation RMS (« root mean square ») du contraste de luminance des scènes filtrées. Au sein du cortex occipital, nous avons montré une organisation rétinotopique du traitement des fréquences spatiales contenues dans de larges scènes visuelles. Au sein du cortex occipito-temporal, nous avons montré que les régions sélectives aux scènes (la « parahippocampal place area », le cortex retrosplenial et l’« occipital place area ») participent de façon distincte au traitement des fréquences spatiales. Enfin, nous avons montré que la normalisation du contraste de luminance modifiait l’intensité et l’étendue des activations cérébrales. Dans un dernier temps, nous avons ensuite étudié le traitement des fréquences spatiales au cours du vieillissement normal et pathologique. Nous avons tout d’abord montré, dans le cas du vieillissement normal (Expérience 4), un déficit spécifique de la catégorisation de scènes en hautes fréquences spatiales (HFS), associé à une activation plus faible du cortex occipital et des régions sélectives aux scènes. Dans le cas de la perte de la vision centrale consécutive à une dégénérescence maculaire liée à l’âge (patients DMLA, Expériences 5 et 6), nous avons mis en évidence un déficit du traitement des HFS encore plus marqué que celui observé au cours du vieillissement normal. De façon intéressante pour l’aide aux patients DMLA, l’augmentation du contraste de luminance des scènes en HFS améliorait significativement leur catégorisation des scènes en HFS. Les résultats de ces travaux nous permettent de mieux comprendre les mécanismes neuro-fonctionnels impliqués dans la perception visuelle de scènes et de différencier les changements au niveau cortical liés au vieillissement normal de ceux résultant d’une pathologie visuelle.

    Lieu : Amphithéâtre Serge Kampf Institut des Neurosciences de Grenoble Bâtiment Edmond J. Safra, Université Joseph Fourier - Site Santé, Chemin Fortuné Ferrini, 38700 La Tronche.


  • soutenance de thèse
    4 novembre 2015 - 14:00 - Louise KAUFFMANN

    Résumé : Titre : MECANISMES ET BASES CEREBRALES DU TRAITEMENT DES FREQUENCES SPATIALES LORS DE LA CATEGORISATION DE SCENES VISUELLES
    Résumé :
    Les données issues de la neurophysiologie, de la psychophysique et de modélisations computationnelles suggèrent que la catégorisation de scènes visuelles débute par une extraction en parallèle de l’information à différentes fréquences spatiales, en suivant un mode de traitement par défaut « coarse-to-fine ». L’analyse rapide de l’information grossière (« coarse ») en basses fréquences spatiales (BFS) fournirait un aperçu de la structure globale de la scène, qui serait ensuite affinée par l’analyse plus tardive des détails de la scène (« fine ») en hautes fréquences spatiales (HFS). L’objectif de cette thèse a été de spécifier et de cartographier au niveau cérébral les mécanismes impliqués dans le traitement des fréquences spatiales lors de la catégorisation de scènes. A travers deux études comportementales, nous avons tout d’abord montré qu’une analyse coarse-to-fine est plus avantageuse pour la catégorisation rapide de scène, et ce indépendamment de la valeur de contraste de luminance associée aux différentes fréquences spatiales. Nous avons ensuite mené plusieurs études en IRM fonctionnelle afin d’étudier les bases cérébrales de la catégorisation « coarse-to-fine » de scènes. Nous avons mis en évidence l’implication d’un large réseau cérébral incluant les aires visuelles primaires et occipito-temporales, mais également le cortex frontal inférieur. Une analyse de la connectivité effective entre ces régions nous a permis de montrer que lors de l’analyse « coarse-to-fine », le gyrus frontal inférieur exercerait une influence « top-down » sur le cortex visuel primaire et les gyri fusiforme et parahippocampique au sein du cortex occipito-temporal. Nous avons également observé que le gyrus frontal inférieur et le gyrus fusiforme participaient activement à l’intégration de l’information sémantique contenue dans les BFS et HFS d’une scène. Enfin, nous avons spécifiquement étudié le traitement des fréquences spatiales au sein de régions occipito-temporales sélectives aux scènes : la « parahippocampal place area » (PPA), le cortex retrosplenial (RSC) et l’« occipital place area » (OPA). Nous avons montré que ces trois régions participent de façon distincte au traitement des fréquences spatiales dans les scènes et qu’une stratégie d’analyse « coarse-to-fine » serait privilégiée au sein de la PPA. Les résultats de ces travaux permettent de conforter et préciser les modèles actuels de la catégorisation visuelle de scènes, en soulignant notamment que les fonctions modulatrices et intégratives du cortex frontal inférieur lui permettraient de piloter et guider le traitement de l’information visuelle.

    Lieu : salle des ColloquesUPMF BSHM
    1251 AV CENTRALE - BP 47
    38 040 GRENOBLE Cedex 09

    Notes de dernières minutes : Thèse dirigée par : Carole Peyrin et Alan Chauvin (LPNC) Membres du jury : Pr Nicolas Poirel (U. Paris Descartes), Rapporteur Dr Emmanuel Mellet (U. de Bordeaux), Rapporteur Dr Valérie Goffaux (U. Catholique de Louvain), Examinatrice Pr Martial Mermillod (U. de Grenoble), Examinateur


  • Le développement de la perception des expressions faciales
    26 novembre 2015 - 14:00 - Laurie BAYET

    Résumé : Cette thèse se propose d’examiner le développement de la perception des expressions faciales émotionnelles en le replaçant dans le cadre théorique de la perception des visages :
    séparation entre aspects variants (expression, regard) et invariants (genre, type), rôle de l’expérience, attention sociale. Plus spécifiquement, nous avons cherché à mettre en évidence l’existence, tant chez l’enfant que chez le nourrisson, d’interactions réciproques entre la perception d’expressions faciales de colère, de sourire ou de peur et la perception du genre (Études 1-2), la perception du regard (Étude 3), et la détection des visages (Étude 4).
    Dans un premier temps, nous avons montré que les adultes et les enfants de 5 à 12 ans
    tendent à catégoriser les visages en colère comme masculins (Étude 1). Comparer les performances humaines avec celles de classifieurs automatiques suggère que ce biais reflète l’utilisation de certains traits et relations de second-ordre des visages pour en déterminer le genre. Le biais est identique à tous les âges étudiés ainsi que pour les visages de types non-familiers. Dans un second temps, nous avons testé si, chez le nourrisson, la perception du sourire dépend de dimensions invariantes du visage sensibles à l’expérience - le genre et le type (Étude 2). Les nourrissons ont généralement plus d’expérience avec les visages féminins d’un seul type. Les nourrissons de 3.5 mois montrent une préférence visuelle pour les visages souriants (dents visibles, versus neutre, de type familier) lorsque ceux-ci sont féminins ; l’inverse est observé lorsqu’ils sont masculins. L’effet n’est pas répliqué lorsque les dents des visages souriants (d’un type familier ou non) ne sont pas visibles. Nous avons cherché à généraliser ces résultats à une tâche de référencement d’objet chez des nourrissons de 3.5, 9 et 12 mois (Étude 3). Les objets préalablement référencés par des visages souriants étaient autant regardés que les objets préalablement référencés par des visages neutres, quel que soit le groupe d’âge ou le genre du visage, et ce malgré des différences en terme de suivi du regard. Enfin, en employant une mesure univariée (préférence visuelle pour le visage) et une mesure multivariée (évidence globale distinguant le visage du bruit) de la détection du visage à chaque essai, associées à une
    modélisation des courbes psychométriques par modèles non-linéaire mixtes, nous mettons en évidence une meilleure détection des visages de peur (comparés aux visages souriants) dans le bruit phasique chez les nourrissons à 3.5, 6 et 12 mois (Étude 4).
    Ces résultats éclairent le développement précoce et le mécanisme des relations entre genre
    et émotion dans la perception des visages ainsi que de la sensibilité à la peur.

    Lieu : Amphi MSH Alpes

    Notes de dernières minutes : Composition du jury : M. Jean-Yves BAUDOUIN (Université de Bourgogne) : Rapporteur M. Roberto CALDARA (Université de Fribourg) : Rapporteur M. Martial MERMILLOD (UPMF) : Examinateur M. Olivier PASCALIS (CNRS, UPMF) : Directeur de thèse M. Édouard GENTAZ (CNRS, Université de Genève) : Invité, Co-directeur de thèse


  • Hétérogénéité cognitive et remédiation des dyslexies développementales
    1er décembre 2015 - 14:00 - Rachel ZOUBRINETZKY

    Résumé : Résumé :
    L’objectif de ce travail de thèse était de mieux caractériser l’hétérogénéité de la dyslexie développementale et d’étudier les implications de cette hétérogénéité pour la remédiation de ce trouble d’acqusition de la lecture. L’Etude I met en évidence une hétérogénéité cognitive au sein d’une population d’enfants dyslexiques, qui pourtant ont un profil de lecture homogène de dyslexie mixte. Ce profil est classiquement interprété comme relevant d’un double déficit. Or nous montrons que la plupart de ces enfants présente en fait un déficit cognitif unique, soit phonologique, soit de l’empan visuo-attentionnel (VA). De plus, ces deux sous-groupes à déficit unique ont des profils de lecture très similaires lorsqu’ils sont directement comparés. Ces données suggèrent donc que la classification en sous-types basée sur les profils de lecture n’est pas pertinente pour identifier des sous-groupes cognitivement homogènes dans la population dyslexique. Dans l’Etude II, nous décrivons un cas de dyslexie avec trouble sélectif de la lecture des pseudo-mots. Ce profil est classiquement interprété comme reflétant un déficit phonologique. Or, le cas que nous décrivons présente un trouble de l’empan VA en l’absence de toute atteinte verbale ou phonologique. Cette étude confirme une relation entre trouble cognitif et profil de lecture complexe et non univoque. L’Etude III interroge plus spécifiquement les liens entre troubles de l’empan VA, de la conscience phonémique et de la perception catégorielle des phonèmes. Nous montrons que la conscience phonémique joue un rôle de médiation entre perception catégorielle et lecture, et que cette relation est indépendante des capacités d’empan VA. Ces données nous ont ainsi permis de mieux caractériser l’hétérogénéité cognitive de la population dyslexique. Dans les deux dernières études, nous nous sommes interrogés sur la prise en compte de cette hétérogénéité cognitive dans la remédiation de la dyslexie. L’Etude IV est une étude d’entrainement cognitif. Deux types d’entraînements ont été successivement proposés à des enfants dyslexiques : un entraînement à la perception catégorielle et un entraînement de l’empan VA. Nous avons étudié les effets de chacun de ces entraînements sur des sous-groupes qui présentent un trouble cognitif unique, soit phonologique, soit de l’empan VA. Les résultats montrent l’intérêt de proposer une remédiation ciblée sur le déficit cognitif sous-jacent. Cette étude a également des enjeux théoriques majeurs, puisqu’elle nous a permis d’interroger les relations de causalité entre ces déficits cognitifs sous-jacents et la dyslexie. Enfin, dans l’Etude V la méthode d’adaptation visuelle par saillance syllabique étudiée n’améliore pas la lecture des enfants dyslexiques. L’ensemble des ces études confirment l’hétérogénéité cognitive de la population dyslexique et l’importance de prendre en compte cette hétérogénéité dans les méthodes de remédiation qui peuvent être proposées.

    Lieu : Salle Mediat - Bibliothèque Droit-LettresDomaine universitaire, Avenue Centrale, 38402 Saint-Martin-d’Hères

    Notes de dernières minutes : Mme Sylviane VALDOIS UPMF Directeur de thèse M. Willy SERNICLAES Université Paris Descartes Rapporteur Mme Annie MAGNAN Université Lumière Lyon 2 Rapporteur M. Franck RAMUS Ecole Normale Supérieure Examinateur Mme Marie-Line BOSSE Université Pierre Mendès France Examinateur


  • Étude du traitement visuel rétinotopique des fréquences spatiales de scènes et plasticité cérébrale au cours du vieillissement normal et pathologique
    4 décembre 2015 - 10:00 - Stephen RAMANOEL

    Résumé : L’analyse visuelle de scènes débute par l’extraction en parallèle de différentes caractéristiques visuelles élémentaires à différentes fréquences spatiales. L’objectif de cette thèse a été de préciser les mécanismes et les bases cérébrales du traitement des fréquences spatiales lors de la catégorisation de scènes et leur évolution au cours du vieillissement normal et pathologique. Nous avons tout d’abord mené deux études en Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) sur des adultes jeunes avec une vision normale afin de proposer un outil de cartographie rétinotopique des aires visuelles permettant une localisation fine des activations cérébrales qui soit à la fois rapide et précis (Expériences 1 et 2). Dans un second temps, nous avons étudié via IRMf les bases cérébrales du traitement des fréquences spatiales lors de la catégorisation de scènes chez de jeunes adultes avec vision normale (Expérience 3). Nous avons également étudié l’influence de la normalisation RMS (« root mean square ») du contraste de luminance des scènes filtrées. Au sein du cortex occipital, nous avons montré une organisation rétinotopique du traitement des fréquences spatiales contenues dans de larges scènes visuelles. Au sein du cortex occipito-temporal, nous avons montré que les régions sélectives aux scènes (la « parahippocampal place area », le cortex retrosplenial et l’« occipital place area ») participent de façon distincte au traitement des fréquences spatiales. Enfin, nous avons montré que la normalisation du contraste de luminance modifiait l’intensité et l’étendue des activations cérébrales. Dans un dernier temps, nous avons ensuite étudié le traitement des fréquences spatiales au cours du vieillissement normal et pathologique. Nous avons tout d’abord montré, dans le cas du vieillissement normal (Expérience 4), un déficit spécifique de la catégorisation de scènes en hautes fréquences spatiales (HFS), associé à une hypo activation du cortex occipital et des régions sélectives aux scènes. Dans le cas de la perte de la vision centrale consécutive à une dégénérescence maculaire liée à l’âge (patients DMLA, Expériences 5 et 6), nous avons mis en évidence un déficit du traitement des HFS encore plus marqué que celui observé au cours du vieillissement normal. De façon intéressante pour l’aide aux patients DMLA, l’augmentation du contraste de luminance des scènes en HFS améliorait significativement leur catégorisation des scènes en HFS. Les résultats de ces travaux nous permettent de mieux comprendre les mécanismes neuro-fonctionnels impliqués dans la perception visuelle de scènes et de différencier les changements au niveau cortical liés au vieillissement normal de ceux résultant d’une pathologie visuelle.

    Lieu : Amphithéâtre S. Kampf
    Institut des Neurosciences de Grenoble
    Bâtiment Edmond J. Safra
    Université Joseph Fourier - Site Santé
    Chemin Fortuné Ferrini, 38700
    La Tronche.

    Notes de dernières minutes :
    Jury :
    - Dr. Muriel, BOUCART, Directrice de Recherche CNRS (France), Rapporteur
    - Dr. Éric, CASTET, Directeur de Recherche CNRS (France), Rapporteur
    - Dr. Sandrine, DELORD, Maître de Conférences à l’Université de Bordeaux, France), Examinateur
    - Prof. Anne, GUÉRIN-DUGUÉ, Professeure à l’Université de Grenoble (France), Examinateur
    - Dr. Michel, DOJAT, Ingénieur de Recherche INSERM (France), Co-encadrant de thèse
    - Dr. Carole, PEYRIN, Chargée de Recherche CNRS (France), Directeur de thèse


  • Dépression et Stimulation Magnétique Transcrânienne : A la Recherche de biomarqueurs (Oculométrie et Excitabilité Corticale)
    8 décembre 2015 - 14:30 - Lysianne BEYNEL

    Résumé : Le but de cette thèse était la recherche de biomarqueurs des troubles de l’humeur (dépression unipolaire et troubles bipolaires). Compte tenu de l’étiologie de ces troubles (hypométabolisme du cortex préfrontal dorso-latéral et déficit de la neurotransmission GABA/glutamatergique), nous avons choisi d’étudier deux biomarqueurs : la performance saccadique et l’excitabilité corticale. Nos résultats montrent que les performances saccadiques (antisaccades) permettent (i) de discriminer les patients présentant des troubles de l’humeur de sujets sains, (ii) d’objectiver l’amélioration thymique des patients suite à un traitement, et (iii) d’évaluer l’effet neuromodulateur à court-terme d’une séance de stimulation magnétique transcrânienne répétée. Concernant les mesures d’excitabilité corticale, aucune différence liée à l’amélioration thymique des patients, ni de différences entre patients et contrôles ne ressortent significativement. Nous avons suggéré que le non-contrôle du « State-Dependency » (i.e., de l’« état neurocognitif » des sujets pendant les stimulations) puisse être l’une des causes de l’absence de résultats, et validé cette hypothèse en manipulant les registres cognitifs et émotionnels des sujets. Le second aspect de notre travail de thèse avait trait à l’étude de l’efficacité de la stimulation magnétique transcrânienne répétée (rTMS) comme alternative thérapeutique non médicamenteuse des troubles de l’humeur. Si la littérature s’accorde sur une efficacité significative mais modérée de la rTMS comme traitement, nos données n’ont pas mis en évidence de supériorité du traitement actif par rapport au traitement placebo dans le cas de la neurostimulation iTBS. Une des raisons de ce manque d’efficacité du traitement actif pourrait être liée à des questions d’ordre méthodologique, comme le choix des paramètres de stimulation. Plus généralement, cette absence de résultats incite à questionner le postulat théorique basant l’étude de la réactivité du CPFDL ou sa neuromodulation sur les propriétés du cortex moteur. Notre expérience, étudiant la réactivité de différentes zones corticales par couplage TMS-EEG, va dans ce sens en montrant que la réactivité du cortex moteur diffère de celle des autres cortex. Le couplage TMS-EEG devrait permettre de mieux comprendre l’impact de la neuromodulation rTMS sur la cible corticale visée, et donc d’adapter les paramètres de stimulations aux aires cérébrales stimulées, permettant à terme de traiter plus efficacement les troubles de l’humeur.

    Lieu : Salle des Colloques BSHMBSHM, 1251 Avenue Centrale 38400 Saint-Martin-d’Hères.

    Notes de dernières minutes : M. Christian MARENDAZ (EDISCE) LPNC Université Grenoble Alpes Directeur de thèse M. Thierry BOUGEROL CHU Grenoble Co-Directeur de thèse M. Antoni VALERO-CABRé Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière Rapporteur M. Emmanuel POULET Hospices Civil de Lyon Rapporteur Mme Mireille BONNARD Institut de Neurosciences des Systèmes-Aix Marseille Université-Inserm Examinateur M. Bruno MILLET Hopitaux Universitaires Pitié Salpétrière Examinateur M. Jean-François DéMONET Centre Hospitalier Universitaire Vaudois Examinateur M. Alan CHAUVIN LPNC Université Grenoble Alpes Co-Encadrant


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