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Soutenance de thèse Marion Giroux - 18 octobre 2021

publié le

Soutenance de thèse intitulée "Aux limites de la kinesthésie : Intégration multisensorielle de signaux visuels, proprioceptifs et sonores" de Marion Giroux

lundi 18 octobre 2021 à 14h à l’amphitéâtre Decottignies au 27 rue Marcoz à Chambéry (Site de la présidence de l’USMB).
Le port du masque sera obligatoire. La soutenance devrait se dérouler en hybride, un lien zoom sera fourni.

Résumé :
La kinesthésie est la perception consciente des mouvements des différentes parties de son propre corps dans l’espace. Elle résulte de l’intégration de multiples signaux sensoriels tels que les signaux visuels, proprioceptifs ou tactiles. L’intégration multisensorielle dépendrait de trois types de congruence : les congruences temporelle, spatiale et sémantique. Pour que l’intégration soit optimale, les différents signaux sensoriels devraient survenir en même temps, au même endroit et être associés sémantiquement. L’objectif principal de cette thèse visait à étudier les mécanismes d’intégration sensorielle en jeu dans la kinesthésie en utilisant des signaux artificiels. Pour cela, nous avons étudié la mesure dans laquelle des signaux sensoriels artificiels pouvaient prendre part à la kinesthésie en fonction de leur degré d’incongruence avec les signaux naturels, générant ainsi des situations ne pouvant être obtenues avec des signaux naturels.
Nous avons adapté le paradigme miroir à la réalité virtuelle, remplaçant les signaux visuels naturels (i.e., le reflet du bras dans le miroir) par des signaux artificiels (i.e., les bras d’un avatar). Cette implémentation du paradigme miroir en réalité virtuelle nous a permis de manipuler différents degrés d’incongruence sémantique (dissimilarité morphologique entre avatar et corps réel) ou spatiale (perspective dans laquelle est vu l’avatar) entre stimuli visuels provenant de l’avatar et stimuli non visuels (notamment proprioceptifs) provenant du corps du participant. Dans leur ensemble, nos résultats ont fait apparaitre que l’incongruence sémantique ou spatiale n’empêchait pas la contribution (et donc l’intégration) au percept kinesthésique des informations visuelles provenant de l’avatar, même lorsque le niveau d’incongruence était important (e.g., bras de l’avatar représentés par trois points ; perspective à la troisième personne). Cependant, cette contribution se réduisait quand le niveau d’incongruence augmentait, l’information visuelle ayant donc d’autant moins de poids dans le percept kinesthésique (multisensoriel) que l’incongruence augmente (Articles 1-3 ).
Dans ce travail nous avons également exploré l’hypothèse selon laquelle seuls des signaux visuels issus du corps même du participant ou de tout objet incarné, pouvaient être pris en compte à des fins kinesthésiques. Cette hypothèse est partiellement validée par une analyse transversale des résultats des cinq expériences des Articles 2, 3 et 4, faisant apparaitre un lien positif entre le niveau d’incarnation de l’avatar et l’intensité des illusions kinesthésiques telle qu’évaluée par des mesures subjectives de vitesse et de durée des illusions. Toutefois, l’étude dédiée (Article 4), visant à manipuler expérimentalement le niveau d’incarnation d’un avatar, n’a pas permis d’apporter la preuve d’un tel lien.
Enfin, nous avons aussi testé si un stimulus auditif généré par sonification des mouvements pouvait contribuer à la kinesthésie, en l’absence de vision. Dans cette étude (Article 5), les informations auditives préalablement associées aux mouvements n’ont pas été efficaces pour générer des illusions de mouvement.
Dans leur ensemble, les résultats obtenus ont mis en évidence la contribution de stimuli visuels artificiels à la kinesthésie. De plus, ils indiquent que cette contribution varie en fonction du degré de congruence sémantique et spatiale entre les stimuli artificiels et les stimuli naturels.

Composition du Jury :
Pr. François OSIURAK
Professeur à l’Université Lyon 2 (Rapporteur)

Dr. Isabelle VIAUD-DELMON
Directrice de recherche au CNRS (Rapportrice)

MD. Anne-Emmanuelle PRIOT
Médecin en chef, IRBA (Rapportrice)

Dr. Anne KAVOUNOUDIAS
Maîtresse de conférences à l’Université Aix-Marseille (Examinatrice)

Pr. Marion LUYAT
Professeure à l’Université de Lilles (Examinatrice)

Pr. Michel GUERRAZ
Professeur à l’Université Savoie Mont-Blanc (Directeur)

Dr. Christian GRAFF
Maître de conférences à l’Université Grenoble Alpes (Codirecteur, membre invité)

Dr. Julien BARRA
Maître de conférences à l’Université Savoie Mont Blanc (Co-encadrant, membre invité)