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La recherche Lili CP

publié le , mis à jour le

Quoi ?

Un projet de recherche scientifique en psychologie, ergonomie et sciences de l’éducation, portant sur les débuts de l’apprentissage du langage écrit (lire, écrire, comprendre) en première année d’école élémentaire (CP en France).

Quand ?

Ce projet de recherche est actuellement programmé sur trois ans. Il débute en janvier 2019 et se poursuivra jusqu’en décembre 2021 (prolongement possible, discuté par les partenaires en fonction des avancées et des financements).

Qui mène les recherches ?

Ce projet de recherche est porté par deux enseignantes-chercheuses de l’Université Grenoble Alpes : Maryse Bianco (laboratoire de recherche sur les apprentissages en contexte, LARAC, EA602) et Marie-Line Bosse (laboratoire de psychologie et neurocognition LPNC, UMR5105 CNRS), avec la participation de Laurent Lima (LARAC).
Deux étudiantes effectuent leur thèse sur ce projet et sont co-encadrées par Mmes Bianco et Bosse : Cynthia Boggio (thèse en psychologie, LPNC, école doctorale EDISCE) et Céline Pobel-Burtin (thèse de sciences de l’éducation, LARAC, école doctorale SHPT).

Quels collaborateurs ?

  • Le projet est rendu possible grâce à une collaboration étroite de plusieurs professeur.e.s des écoles de l’académie de Grenoble, qui élaborent, avec les chercheuses, de nouveaux outils pour l’apprentissage de la lecture au CP, conformes aux connaissances actuelles et qui prendront en compte les résultats obtenus dans le cadre du projet : Mme Géraldine Thunin, M Johann Chalamet, M Patrice Héritier.
  • Les éditions Hatier (cellule de recherche et développement du département éditorial primaire dirigé par Valérie Perthué ) collaborent à ce projet à plusieurs niveaux. Elles financent la thèse de Cynthia Boggio grâce à l’obtention d’une bourse CIFRE de l’Agence Nationale pour la Recherche et la Technologie (ANRT), ainsi que les frais associés à cette thèse (missions, matériel). Elles participent à la création des outils pour l’apprentissage (supports imprimés ou numériques) qui seront évalués ou utilisés dans le cadre de ce projet.
  • La Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale (DSDEN) de l’Isère est notre partenaire institutionnel privilégié, qui nous assure une communication et un accès facilités auprès de l’ensemble des circonscriptions et des enseignants du département, pour mener à bien l’ensemble des recherches. Des actions de formation seront conduites auprès des enseignants de CP des circonscriptions engagées dans le cadre de la thèse de Céline Pobel-Burtin.

Quels objectifs ?

Le but général de ce projet est de participer à l’amélioration de l’apprentissage de la lecture en France, afin de faire baisser le nombre de lecteurs faibles. Les principaux objectifs sont :

1. Construire et évaluer l’efficacité et l’ergonomie d’outils innovants pour l’apprentissage de la lecture au CP, construits en conformité avec les connaissances scientifiques faisant consensus dans le domaine.

2. Pour les choix méthodologiques nécessaires à la construction de ces outils, mais ne faisant encore pas consensus dans la littérature scientifique, évaluer l’efficacité de différents choix pour sélectionner le plus efficace.

3. Comprendre les conditions d’une implémentation réussie, au niveau d’une circonscription, du principe de réponse à l’intervention, précoce et ciblée, auprès des enfants en difficultés d’apprentissage de la lecture au CP.

Pourquoi ?

Les dernières évaluations internationales (PIRLS 2016 : Mullis & Martin, 2017) montrent que le score de lecture des enfants français est très faible en comparaison à la moyenne européenne, et que cette faiblesse est due à la part importante de faibles lecteurs. Pourtant, les mécanismes d’apprentissage de la lecture et la manière de l’enseigner de façon efficace a donné lieu à une littérature scientifique abondante qui nous informe sur certains principes fondamentaux d’un enseignement de la lecture efficace (par exemple le principe d’enseigner le code alphabétique de façon explicite), qui font consensus. Cependant, cette littérature reste la plupart du temps éloignée des modalités pratiques de mise en place de ces principes, la pertinence d’une modalité pratique par rapport à une autre n’est que peu ou pas du tout évaluée (par exemple, on ne sait pas si, pendant l’enseignement du code alphabétique, la confrontation de l’enfant avec des mots qui ne sont pas décodables à 100% est bénéfique ou néfaste pour son apprentissage). Dans une revue de littérature récente, Castles, Rastle et Nation (2018) démontrent qu’il reste de très nombreuses questions à explorer pour déterminer avec précision les modalités précises d’un enseignement de la lecture le plus efficace possible. L’un des objectifs de notre projet est de répondre à ces questions encore en suspens, pour aboutir à la création d’outils pour l’apprentissage de la lecture dont les modalités pratiques auront été validées.

On constate régulièrement que même les principes qui font consensus dans la littérature scientifique ne sont pas toujours appliqués dans les classes. Ainsi, le principe d’une évaluation précoce et systématique de la lecture au cours de la première année d’apprentissage, et d’une intervention ciblée auprès des élèves repérés comme en difficulté, si elle a largement démontrée son efficacité pour faire baisser le nombre de lecteurs faibles (e.g., en France, Billard et al., 2013), n’est pas généralisée en France. Plus globalement, il est fréquent de constater l’échec de la diffusion à grande échelle de pratiques d’enseignement qui ont pourtant démontré leur pertinence lors d’expérimentations contrôlées auprès d’un petit nombre de classes (Jacob, 2017). Il est donc primordial d’essayer de comprendre les difficultés dues à ce changement d’échelle (Gentaz, 2018). L’un des objectifs de notre projet est d’étudier, au niveau d’une circonscription, les conditions d’une diffusion réussie de la pratique des évaluations et interventions ciblées auprès des faibles lecteurs. Notre hypothèse est qu’un des facteurs clés pour une diffusion réussie, est l’implication des équipes pédagogiques dans la mise en place du dispositif, et la présence d’un soutien régulier aux équipes pendant la première année de mise en place du dispositif.

Références :

Billard, C., Barbe, F., Warde, M. C., Dujardin Beffa, P., Eber, C., Messaouden, N., Baille, V., & Richard, G. (2013). Un centre ressource municipal de niveau 2 dédié aux troubles des apprentissages adapté aux populations défavorisées. Une expérience pilote : Paris Santé Réussite. ANAE. Approche neuropsychologique des apprentissages chez l’enfant, (125), 407-417.

Castles, A., Rastle, K., & Nation, K. (2018). Ending the reading wars : Reading acquisition from novice to expert. Psychological Science in the Public Interest, 19(1), 5-51.

Gentaz, E. (2018). Du labo à l’école : le délicat passage à l’échelle. La Recherche, 539, 42-45.

Jacob, B. ( 2017). When evidence is not enough : Findings from a randomized evaluation of Evidence-Based Literacy Instruction (EBLI). Labor Economics, 45, 5-16.

Martin, M. O., Mullis, I. V., & Hooper, M. (2017). Methods and Procedures in PIRLS 2016. International Association for the Evaluation of Educational Achievement.